Lettre de mission adressée par M. François Fillon à M. Jean-Charles Bourdier, rédacteur en chef du journal « Le Républicain Lorrain ».

Paris, le 17 juillet 1996

Monsieur,

La révolution à laquelle nous assistons actuellement dans le secteur des technologies de l'information vient consacrer le rôle déterminant de l'information, matière première de l'économie et de la société de demain. Elle vient également bouleverser les modes de production et de consommation de cette information et elle aura donc des répercussions profondes sur l'évolution et la structuration de nombreux domaines de la vie économique de notre pays dont celui des médias. Elle est donc à la fois riche de promesses mais aussi de défis à relever.

En effet, l'explosion du multimédia et des services en ligne ouvre à la presse un nouvel espace de diffusion et donc un nouveau public au-delà de nos frontières géographiques traditionnelles. Dans une société où la circulation de l'information dépassera ces frontières, la presse française a un rôle fondamental à jouer.

L'appel à proposition lancé l'an dernier par notre ministère a d'ailleurs révélé la mobilisation des acteurs de la presse écrite sur ce thème.

Au vu de votre expérience, à la fois dans le secteur des médias mais également dans celui des nouvelles technologies de l'information, je souhaiterais vous confier une mission d'analyse et de proposition sur ces évolutions à venir des entreprises de presse.

Vous vous attacherez tout d'abord à préciser les évolutions envisageables et évaluer l'impact des mutations technologiques en cours sur les divers domaines d'activité de la presse : production, recueil, traitement et diffusion de l'information, commercialisation...

Dans un second temps, vous vous attacherez à définir les actions qu'il conviendrait de mettre en oeuvre afin de faire en sorte que la presse française tire le meilleur parti de ces évolutions.

Vous prendrez l'attache des principaux acteurs du secteur des médias, notamment ceux qui ont répondu à l'appel à proposition du ministère.

Je souhaiterais pouvoir disposer de vos conclusions pour la fin décembre 1996.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

François Fillon