Avant-propos
La révolution des technologies de l'information, qui touche à la fois les modes de production, de traitement et de diffusion de l'information, a des conséquences profondes sur les métiers de l'édition et de la presse.
Ces bouleversements sont à l'origine du mouvement de libéralisation qui aboutira à l'ouverture totale du marché français des télécommunications à la concurrence le 1er janvier 1998. L'exacerbation de la concurrence devrait accélérer le décloisonnement entre les secteurs traditionnels séparés qui forment, tous ensemble, ce qu'il est convenu d'appeler "les secteurs de l'information" (audiovisuel, presse, mais aussi informatique, télécommunications, publicité, etc). Surtout, ce décloisonnement sectoriel s'accompagne d'une internationalisation croissante des grands groupes de communication, pour lesquels le marché français représente, notamment du fait de la faiblesse financière structurelle de nombreux acteurs de la presse et de l'édition, une cible privilégiée.
Dans un tel contexte, il n'est plus possible de se reposer sur l'illusion selon laquelle il existerait une sorte de spécificité éternelle de la presse écrite qui la placerait hors du temps et des tempêtes que les technologies de l'information provoquent dans l'ensemble de l'économie. Parce qu'elle est au cur du métier traditionnel de l'information, la presse est naturellement parmi les premières concernées par cette révolution.
L'enjeu, pour elle, est simple :
· Compter, demain, parmi les grands acteurs incontournables des secteurs de l'information, en tirant parti de ces avantages comparatifs indiscutables que constituent à la fois la notoriété, le métier éditorial et l'expérience du filtrage critique de l'information, à une époque où l'explosion de la masse des informations disponibles rend plus que jamais nécessaire la sélection.
· Ou refuser de saisir à temps les opportunités qui s'offrent à elle, en reculant devant les adaptations et les alliances nécessaires avec des partenaires nouveaux, souvent extérieurs à son métier. Elle se condamnerait alors à une marginalisation croissante de son audience et à une issue qui pourrait être fatale à de très nombreux titres de la presse nationale et régionale, généraliste comme spécialisée.
Dans ces conditions, il a paru urgent aux pouvoirs publics qu'une mission fasse la synthèse des évolutions les plus récentes et de l'impact des nouvelles technologies, pour la presse.
Cette mission s'est également attachée à définir les actions qu'il conviendrait de mettre en uvre, afin que la presse d'information générale française, quotidienne et magazine, puisse préserver la place qui devrait être la sienne et conserver ainsi son double rôle : informer et défendre la présence culturelle française, dans une société de l'information mondialisée.