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Réponse
aux contributions intégrées sur le forum entre le 28 janvier et le 9 février
1998 
1) Fiscalité:
Plusieurs contributions faites durant cette période sont relatives à la
fiscalité applicable au commerce électronique:
1/a) Philippe Corre (3/2) , Antony Ryan (31/1) et Spatafora
(29/1) proposent d’exonérer de TVA les matériels d’accès à internet.
Le levier fiscal ne concernerait que les ménages et pas les entreprises
qui récupèrent la TVA. Or, le taux d’équipement des ménages a évolué
de 15% fin 1996 à 18,5 % fin 1997 (source SVM: enquête GFK). La croissance
de 27 % du nombre de micro-ordinateurs vendus en France en 1997, qui
atteint 800 000 unités, illustre également cette dynamique nouvelle.
La croissance du marché est avant tout générée par l'apparition de nouvelles
générations de produits, moins coûteux, mieux adaptés aux utilisations
domestiques, et par le développement de la valeur ajoutée des services
accessibles sur Internet. Les incitations fiscales n'auraient qu'un
effet marginal alors qu'elles pourraient être revendiquées pour d’autres
biens et services dont le développement apparaîtrait tout aussi légitime
pour le consommateur.
1/b) Pierre-Yves Bourtourault (2/2) et Sylvain Donnet (28/1)
posent plusieurs questions sur la fiscalité applicable aux produits
dématérialisables (logiciels, livres, CD et CD-Rom, etc ..) selon qu’ils
font l’objet d’une livraison physique ou d’un téléchargement et souhaite
connaître les règles applicables pour la TVA suivant l’origine de l’acheteur
.
L’achat d’un logiciel dématérialisé par un particulier auprès d’un fournisseur
français est soumis à la TVA au taux de 20,6 %. Il en est de même pour
l’achat d’un logiciel standard.
L’acquisition d’un logiciel standard en Allemagne par un particulier
auprès d’un fournisseur allemand ou d’un logiciel dématérialisé est
soumis à la TVA allemande au taux de 15%.
Pour les échanges internationaux, le cadre juridique communautaire
et national permet, en matière de TVA, d’éviter lorsque le prestataire
n’est pas établi dans la Communauté, une situation de non-taxation susceptible
d’entraîner des distorsions de concurrence pour les entreprises communautaires
avec les risques liés de délocalisation des activités .
Le régime applicable à la circulation des marchandises proprement dite
commandées via le réseau Internet suit les règles de territorialité
mises en place par la sixième directive du Conseil de l’Union Européenne
du 17 mai 1977:
- Régime des importations: la TVA française est due lors du passage
à la frontière sous réserve de certaines franchises;
- Régime des exportations : les exportations sont exonérées de TVA;
- TVA intracommunautaire : la TVA est due en France pour les acquisitions
réalisées par des personnes identifiées à la TVA;
- Vente à distance: les achats effectués notamment par une personne
morale non assujettie et un particulier sont en principe grevés de
la TVA de l’Etat membre d’expédition.
En revanche, la dématérialisation des produits (logiciels, livres,
CD et CD-Rom, etc) par chargement en ligne soulève de nouvelles questions.
A titre d’illustration, les cessions de logiciels standards transmis
par la voie télématique en l’absence de tout support matériel et les
logiciels spécifiques sont soumises aux règles des articles 259 B et
259 C du CGI . Pour les autres produits dématérialisés, des groupes
de travail auxquels la France participe activement, tant au sein de
l’OCDE que la commission européenne, examinent les adaptations nécessaires
permettant d’éviter des distorsions de concurrence importantes dues
à des situations de double taxation ou au contraire à une absence de
taxation.
L’annexe 7-2 du rapport précise les règles de taxation dans le cas d’un
acheteur assujetti (ou non) en France à la TVA.
En outre, en vertu des dispositions de l’article 259B du Code Général
des Impôts, les opérations réalisées par un prestataire français au
profit de clients (assujettis ou non) établis ou domiciliés hors de
la Communauté ne sont pas soumises à la TVA en France.
2) Exemplarité de l’Etat
2/a) Revenons sur la question posée par Bernard Gaulle (le
19/1) relative aux problèmes posés à l’administration pour l’achat de
logiciels en shareware. Celui-ci indiquait que l’administration est
dans l’incapacité de payer le moindre droit d’utilisation de logiciels
en shareware.
Aucun principe de comptabilité publique ne s’oppose au paiement de logiciels
en shareware. La difficulté réside plutôt dans le fait que le paiement
sur le web d’un logiciel téléchargé peut impliquer l’utilisation d’une
carte bancaire professionnelle, il est vrai encore peu répandue tant
dans les administrations de l’Etat que dans les entreprises. Cette solution
est cependant possible sur le plan de la réglementation, dans le cadre
d’une régie d’avances. Elle est déjà relativement répandue dans les
établissements publics, et expérimentée dans quelques ministères ou
services de l’Etat. Il y a sans doute lieu de faciliter le développement
de cette formule.
Par ailleurs, les règles classiques de paiement des dépenses sont adaptables
aux conditions économiques, commerciales ou techniques propres à chaque
type de prestations ou de produits :
Le principe du règlement après service fait a pour objet de garantir
que le créancier effectue les prestations qui lui sont demandées. Cette
règle n’interdit évidemment pas le paiement d’avances sur les marchés
publics, de loyers termes à échoir, ou des abonnements, ainsi que le
paiement du droit d’usage d’un logiciel en shareware;
La justification de la dépense a pour objet de permettre le contrôle
de l’opération, mais il est admis que la pièce justificative soit différente
en fonction de la nature de la dépense et de l’enjeu financier, voire
dans certains cas le remplacement de la pièce par un simple certificat
administratif.
2/b) Le groupe partage très largement l’analyse et les propositions
faite par Rémy Marchand -4/2 dans sa longue et riche contribution. Il
est convaincu qu’il faut rapidement dépasser le niveau des réflexions
théoriques pour engager des réalisations concrètes d’envergure dans
au moins trois des domaines évoqués par Rémy Marchand:
- la dématérialisation des procédures d’achat public en commençant
par la phase d’éxécution des marchés, une fois ceux-ci passés et en
démarrant dans des ministères pilotes ;
- la définition de spécifications techniques communes pour les plate-formes
techniques de commerce électronique impliquant l’Etat;
- la possibilité pour une entreprise de gérer électroniquement l’ensemble
des procédures liées aux opérations de commerce international.
- Le groupe va donner suite à la proposition de Rémy Marchand de
compléter le rapport Lorentz par une présentation détaillée des progrès
de l’achat public électronique dans quelques pays leaders.
3) Expériences concrètes de commerce électronique
La tendance évoquée la dernière fois se confirme : depuis l’ouverture
sur le forum du nouveau thème intitulé “Expériences concrètes de commerce
électronique”, vous êtes nombreux , porteurs de projets de commerce
électronique ou créateurs d’entreprises, à utiliser ce forum pour vous
faire connaître et présenter vos initiatives.
Nous avons été très intéressés par ces exemples et pour montrer la
dynamique entrepreneuriale, nous souhaitons les faire connaître, sous
un descriptif plus précis, à travers une annexe au rapport final, sauf
pour ceux qui ne le souhaiteraient pas.
Ce qui ressort une nouvelle fois c’est la diversité des projets émanant
soit d’entrepreneurs (DDO organisation de Sylvain Donnet - 28/1, Internetic
d’Eric Pena le 5/2, projet d’Eric Gimilio, Cyber trade de Robert Auger
le 8/2 ) soit d’organismes représentatifs (proposition de l’association
des villes numériques de participer à l’observatoire - G-Y Kervern le
5/2 ..)
Avec une constante, le dynamisme manifesté pour s’impliquer dans les
expérimentations, qui démarreront et la demande prioritaire de privilégier
les actions de terrain pour favoriser la mobilisation des acteurs .
Par ailleurs, nous souhaitons répéter avec force que la France doit
adopter des choix techniques qui ne la coupent pas du marché mondial
et nous cherchons les meilleurs voies et moyens pour que les entreprises
françaises prennent vite des positions sur les marchés émergents à l’échelle
mondiale en utilisant les standards techniques les plus répandues de
droit ou de fait. C’est donc bien l’inverse de l’approche “Betamax”
( échec commercial malgré une réussite technique) que nous souhaitons
voir appliquée au développement du commerce électronique.
Enfin, nous soulignons qu’au-delà des nombreuses questions posées,
les contributions qui sont reprises dans nos synthèses périodiques sont
des éléments structurants pour préparer le projet de plan d’actions
pour le développement du commerce électronique, et seront repris par
les travaux ultérieurs des administrations.
A bientôt.
Mission LORENTZ mél : mission-lorentz@francenet.fr
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