Article 1 : Les missions et orientations stratégiques
en matière de courrier
Article 2 : Les orientations de la politique
tarifaire du courrier
Article 3 : Les missions et orientations stratégiques
en matière de services financiers
Article 4 : Les missions en matière de
contribution à l'aménagement du territoire
Article 5 : La qualité de service
Article 6 : Les objectifs financiers et de développement
Article 7 : Le service obligatoire de transport et
de distribution de la presse
Article 8 : Le service des mandats
Article 9 : La gestion des fonds collectés
par La Poste au titre des CCP et des produits de la CNE et leur rémunération.
Article 10 : La politique d'investissement et de
recherche
Article 11 : La politique des ressources humaines
Article 12 : La procédure de révision
Les modalités d'octroi de facilités de trésorerie
Les indicateurs de gestion suivis dans le cadre du bilan d'exécution
du contrat de plan
Le contrat de plan entre La Poste et l'Etat précise pour la période
1995/1997 le cadre de gestion dans lequel La Poste met en oeuvre les
orientations stratégiques de son groupe.
Ainsi défini, le cadre de gestion autorise la réalisation des
objectifs de développement assignés à chaque composante du
portefeuille d'activités de La Poste. Il permet de progresser vers une
qualité plus globale et mieux affinée, d'améliorer la compétitivité
d'ensemble et de restaurer les équilibres financiers. Dans ce contexte
clair, l'entreprise est en mesure de respecter au mieux ses missions d'intérêt
général, fondement de sa responsabilité sociale, et
notamment de contribuer à l'aménagement du territoire.
Les deux activités du courrier (acheminement de messages et
d'information à usage privé ou commercial - transport d'objets de
messagerie) et celle des services financiers composent le portefeuille d'activités
de La Poste. Ce dernier se développe grâce à un ensemble
cohérent et solidaire, animé par des hommes et des femmes compétents,
benéficiant d'équipements modernes diversifiés et de réseaux
électroniques partagés. La Poste entend fonder son développement
sur une action permanente de modernisation et d'adaptation des gammes et du
contenu de ses prestations. Les filiales du groupe La Poste contribuent à
la réalisation de cet objectif, sur le territoire national comme à
l'étranger.
L'amélioration de la satisfaction de la clientèle engage La
Poste dans l'amélioration, la plus rapide et la plus complète
possible, de la qualité de ses prestations. Elle combat ainsi les sources
de non-qualité dans les différentes gammes de prestations ainsi
que dans le fonctionnement de son réseau de contact.
Au delà du développement de ses gammes de prestations et de
leur qualité, La Poste entend asseoir sa compétitivité sur
une situation financière structurellement saine, n'obérant pas indûment
ses coûts de revient au regard de ceux de ses concurrents. Elle se fixe
comme objectif d'atteindre un résultat net durablement positif qui
permette d'améliorer sa structure bilantielle et de rémunérer
l'Etat propriétaire.
Développement, qualité et compétitivité sont
indissociables des engagements de La Poste en matière de responsabilité
sociale. Celle-ci trouve sa raison d'être dans les missions d'intérêt
général qu'elle assume (service universel du courrier,
contribution au transport d'informations libres et pluralistes, contribution à
l'aménagement du territoire, etc...) et dans l'association de ses salariés
au développement et à la compétitivité globale de
l'entreprise.
Le présent contrat de plan marque l'accord entre l'Etat et La Poste
sur un projet d'ensemble de développement compétitif de l'opérateur
et de son groupe. Ce projet confirme la plénitude et la complémentarité
du portefeuille d'activité de l'entreprise. L'Etat soutient et
accompagne les efforts engagés par La Poste pour assurer son avenir
d'entreprise dans le respect et la confirmation de ses missions particulières.
La Poste, pendant la période du contrat de plan, poursuivra l'effort
engagé pour faire face efficacement aux futures évolutions
juridiques de l'environnement communautaire.
Article 1 : Les missions et orientations stratégiques
en matière de courrier
La Poste a pour mission d'assurer sur le territoire national et sa continuité
la fourniture du service universel du courrier, conformément aux
orientations du Conseil de l'Union Européenne, aux actes de l'Union
Postale Universelle et dans les conditions définies dans son cahier des
charges.
Opérateur du service universel, La Poste a également vocation,
dans le respect des règles de concurrence et suivant les orientations de
son conseil d'administration, à offrir une gamme de services diversifiés
aux particuliers et aux entreprises sur ses marchés non soumis aux
obligations du service universel, dans le cadre prévu par son cahier des
charges.
La Poste veille à l'équilibre économique et à la
rentabilité de son offre de services concurrentiels, et à
l'absence de toute subvention croisée issue du secteur réservé
qui fausserait la concurrence. S'agissant des prestations d'acheminement et de
distribution de la presse, les conditions de leur offre sont fixées à
l'article 7.
Au cours de la période prévue par le contrat de plan, La Poste
met en oeuvre les grandes orientations stratégiques suivantes :
- consolider l'écrit comme support de communication, en être le
prestataire de référence par une offre de services compétitive,
y compris en amont et en aval de la chaîne traditionnelle de la valeur
ajoutée postale ;
- moderniser son offre de services en y intégrant des prestations
s'appuyant sur des modes de transmission électronique ;
- conforter sa position sur le marché du transport des marchandises ;
- promouvoir les savoir-faire de la distribution et les valoriser à
travers une offre de services différenciés. Dans cette optique, La
Poste pourra proposer aux éditeurs de presse dans un cadre concurrentiel
le portage matinal de la presse, service à valeur ajoutée
distinct du service de base et vendu à un prix commercial normal, à
l'instar d'autres pays européens.
- se préparer en terme de compétitivité à
l'ouverture graduelle et maîtrisée du secteur postal à la
concurrence, par un effort soutenu de développement et de productivité
ainsi que par l'aménagement de sa politique tarifaire ;
- élargir à la satisfaction des clientèles les
indicateurs de qualité de service et de performance ; pour cela, faire de
la satisfaction des clientèles, à travers une démarche
construite de qualité, la valeur de référence du courrier.
Pour assurer l'objectif communautaire de viabilité économique
et financière du service universel du courrier, l'Etat :
- agit, au sein des instances de l'Union Européenne, pour que soit
retenue une conception des services réservés, universels et
obligatoires compatible avec l'équilibre économique de La Poste,
- assure la défense des droits exclusifs constitutifs du secteur réservé
de La Poste.
La Poste continue à promouvoir et à développer une
politique de coopération active avec les autres services postaux de la
communauté économique européenne, particulièrement nécessaire
au moment où s'effacent les frontières entres les Etats-membres,
ainsi qu'avec le reste du monde, pour répondre aux besoins d'échanges
internationaux de sa clientèle.
Cette coopération peut prendre la forme de prises de participation ou
d'opérations conjointes avec des partenaires publics ou privés
dans le but de permettre à La Poste d'intervenir à l'étranger
dans des conditions équilibrées.
La Poste définira la stratégie du groupe dans cette
perspective.
La Poste veillera avec les autres opérateurs européens à
mettre en oeuvre une politique d'amélioration de la qualité et de
la compatibilité des services rendus.
Article 2 : Les orientations de la politique
tarifaire du courrier
Les tarifs sont un élément déterminant de l'orientation
de la demande et un facteur clé du développement.
Pour contribuer de façon durable à l'équilibre
financier de l'activité courrier, la politique tarifaire doit prendre en
compte les coûts complets, la sensibilité de la demande aux prix,
et l'exigence de compétitivité.
Face à la concurrence directe ou provenant de nouveaux modes de
communication, La Poste se fixe pour objectif de maîtriser les tarifs de
ses services. Compte tenu de l'évolution prévisible de ses coûts
de production, des gains de productivité attendus et de l'évolution
anticipée du trafic, l'évolution globale des tarifs réservés
sera contenue à compter de 1995 à un rythme moyen sur la période
équivalent à celui de l'indice des prix à la consommation.
Dans le respect de la péréquation géographique du tarif
de base des services réservés, garante de l'égalité
d'accès au réseau, La Poste devra rechercher une meilleure adéquation
de la structure tarifaire de ses produits. Il est notamment important que la
structure tarifaire limite les risques d'écrémage de nature à
mettre en péril la viabilité du service universel.
Dans ce but, La Poste développera les formules tarifaires les mieux
adaptées à l'économie de ses marchés, dans le
respect des règles générales de concurrence et de ses
missions de service public.
Article 3 : Les missions et orientations stratégiques
en matière de services financiers
Les services financiers de La Poste ont vocation à évoluer
vers une logique de marché conforme à leur nature concurrentielle,
dans le respect de l'équilibre économique de cette activité
d'une part, et des contraintes liées au financement de l'économie
d'autre part.
La période couverte par le contrat de plan doit permettre à La
Poste de :
- consolider sa part de marché globale grâce au
maintien de son dynamisme commercial qui s'exprime par un renforcement de sa
force de vente, par une meilleure fidélisation de sa clientèle
ainsi que par un enrichissement de sa gamme.
Dans le cadre de cette politique commerciale volontariste, La Poste développe
tous les services nécessaires pour offrir à ses clientèles
des prestations de qualité en matière de moyens de paiement, de
facilités de trésorerie incluant des découverts temporaires
(selon les modalités définies à l'annexe 1 du présent
contrat), de produits d'épargne, de placement et d'assurance.
Conformément à sa mission, La Poste participe activement à
la promotion du Livret A.
- développer ses produits d'exploitation grâce à
une bonne maîtrise de ses marges brutes sur ses différentes
prestations. Dans cette optique, La Poste cherche à promouvoir des
produits performants dans le respect de son cahier des charges et en
concertation avec les partenaires concernés, notamment avec les
associations de consommateurs. Dans cette logique d'optimisation concertée
de ses recettes, La Poste s'emploie à négocier au mieux ses
marges financières.
- équilibrer la gestion de l'activité des services
financiers postaux. L'amélioration de la compétitivité
organisationnelle indispensable à l'atteinte de cet objectif fera l'objet
d'une large concertation. Dans cette logique, La Poste s'engage à
moderniser le système de gestion des services financiers dans un cadre
adapté et à introduire des normes de gestion spécifiques,
garantissant notamment l'équilibre de ce service concurrentiel.
Pour consolider la rentabilité de l'activité de ses services
financiers, La Poste pourra adapter ses offres ou proposer des prestations
alternatives lorsque l'existant génère des déséquilibres,
dans le respect de la loi et du cahier des charges.
Article 4 : Les missions en matière de
contribution à l'aménagement du territoire
La Poste, conformément à la loi du 2 juillet 1990 et à
son cahier des charges, contribue à l'aménagement du territoire.
Elle propose sur l'ensemble du territoire métropolitain et les DOM un
service public de qualité qui répond aux besoins de toutes les catégories
d'usagers, ménages ou entreprises, en particulier en zone rurale et dans
les banlieues.
L'offre de services :
A travers son réseau et ses infrastructures, La Poste veille à
décliner à ses différents clients des gammes de services
adaptées sur tout le territoire, en matière de communication, de
messagerie et de prestations financières.
Au-delà de cette offre, pour tenir compte des conditions particulières
des zones les plus défavorisées, rurales comme suburbaines, La
Poste participe à l'expression de la solidarité nationale à
leur profit et contribue au développement local :
- la contribution à l'expression de la solidarité nationale
peut se traduire par la participation aux dispositifs mis en place à
l'initiative de l'Etat ou des collectivités décentralisées
pour assurer un niveau satisfaisant d'offre de services publics dans les zones
en difficulté ; cette participation, décidée au cas par
cas, devra respecter l'équilibre financier de l'opérateur et le
conduire à bénéficier des mêmes conditions et
concours que les autres prestataires.
- La Poste développe et adapte ses prestations en s'appuyant, d'une
part, sur ses réseaux d'infrastructure, participant ainsi au soutien de
l'économie locale, et d'autre part sur la capacité des personnels à
apporter une assistance diversifiée aux citoyens les plus isolés
des zones concernées.
Les conditions de mise en oeuvre :
Pour remplir ses missions, La Poste s'appuie sur la péréquation
tarifaire géographique des prestations relevant du service réservé,
pour lesquelles elle assure l'égalité d'accès de tous les
usagers en tout point du territoire. Elle s'appuie également sur des
formes diversifiées de présence prenant en compte les réalités
locales et lui permettant de s'adapter à leur évolution dans le
temps, de manière à assurer l'indispensable respiration de son réseau.
Pour cela, il lui appartient, dans le cadre des procédures d'aménagement
du territoire (notamment les schémas départementaux
d'organisation et d'amélioration des services en milieu rural), de déterminer
les modalités de cette présence : présence immobilière,
mobile, permanente, périodique, à domicile, ..., en gestion
propre ou partenariale, avec fourniture d'autres prestations ou non. Elle le
fera en veillant à gérer le plus en amont possible les
adaptations nécessaires à l'évolution des situations
locales, en concertation étroite et régulière avec les élus
et les représentants des usagers et le préfet étant tenu
informé de ses intentions.
Pour optimiser l'efficacité de son réseau, la présence
de La Poste sera analysée au niveau supra-communal le plus pertinent.
L'offre de services pourra intervenir dans le cadre de formules adaptées
aux caractéristiques locales :
- association avec les collectivités locales, les entreprises
publiques et les administrations de l'Etat (points multiservices, points
publics,...) ;
- recherche de partenariats avec d'autres services publics ou parapublics
ainsi qu'avec des acteurs économiques locaux, en particulier les commerçants
des zones rurales, pouvant offrir des prestations postales pour le compte de La
Poste.
De telles opérations seront précédées des expérimentations
et de la concertation nécessaires. Leur réalisation interviendra
dans un cadre contractuel type, qui précisera les engagements de chacune
des parties ainsi que les garanties apportées quant à la qualité
du service rendu aux usagers.
La Poste place la satisfaction des clientèles au premier rang de ses
critères de performance en privilégiant la régularité,
la rapidité et l'accueil.
La Poste poursuivra la mesure par un organisme externe de la qualité
de service du courrier. Par rapport à ce système de mesure
externe, elle se fixe comme objectif à l'horizon du contrat de plan de
porter à 80 % le taux de remise des lettres à J + 1 et 96 % à
J + 2 pour le courrier domestique métropolitain (respectivement 77,9 %
et 93,9 % en 1993).
En outre, sur la période du contrat de plan, La Poste généralisera
la mesure externe de la satisfaction de ses différentes clientèles.
La Poste fera de la régularité de la qualité de service
une priorité. Elle mettra en place des dispositifs améliorant le
traitement des réclamations et poursuivra, pour ses prestations à
caractère contractuel, une démarche commerciale de
responsabilisation.
Les indicateurs figurant en annexe 2 feront l'objet d'un suivi pendant la période
du contrat de plan.
La période couverte par le contrat de plan doit permettre à La
Poste de rétablir durablement l'équilibre de ses comptes,
notamment de son résultat courant, et de tendre vers l'équilibre
de chacun de ses métiers.
Pendant cette période, La Poste, en accord avec ses tutelles, complétera
sa comptabilité analytique en approfondissant, en liaison technique avec
ses commissaires aux comptes, l'identification comptable de chacun de ses
grands domaines d'activité. Elle présentera notamment à
l'Etat un compte de résultat pour le courrier et pour les services
financiers intégrant les améliorations du système de
comptabilité analytique .
Dans ce cadre, elle veillera au développement et à l'amélioration
de ses activités de service public, tout en maîtrisant leurs coûts.
Le développement global de ses activités, qui suppose un
accroissement de l'effort commercial, doit s'appuyer aussi sur un effort de
productivité, condition complémentaire pour assurer la compétitivité
de l'entreprise et la pérennité de ses activités.
La Poste conduira en outre une gestion active de sa dette en vue d'en réduire
le poids.
Ces objectifs devront être atteints au plus tard la dernière
année du contrat de plan.
L'Etat pourra accompagner ces efforts, directement ou indirectement, en
prenant en compte la nécessité de renforcer les fonds propres de
La Poste.
La Poste communiquera lors du bilan d'exécution annuel du contrat de
plan la valeur des indicateurs de gestion dont la liste est donnée dans
l'annexe 2.
Article 7: le service obligatoire de transport et de
distribution de la presse
Le transport et la distribution de la presse, indispensables à la
libre circulation d'une information libre et pluraliste, et permettant à
chacun d'accéder à la publication de son choix, constituent, en
application de l'article 2 de la loi du 2 juillet 1990, un service public que La
Poste exerce dans le respect des dispositions des articles 2, 3 et 6 de son
cahier des charges.
Service obligatoire, le service de référence du transport et
de la distribution de la presse qui bénéficie du régime spécifique
prévu par le code des postes et télécommunications se définit
notamment, sous réserve du respect des heures de dépôt et
des points d'entrée dans le réseau convenus avec La Poste, par une
distribution en tout point du territoire, en J+1 ou J+4 selon la périodicité
ou les besoins des éditeurs. La distribution s'entend de la remise au
destinataire final lors de la première tournée du service
universel.
La Poste réduit d'ores et déjà les délais de
livraison de ce service de référence en fonction des lieux et des
heures de dépôt, des zones à desservir et des moyens de
transport disponibles, comme c'est le cas notamment pour les quotidiens distribués
en jour J dans leurs départements de dépôt. Ces
dispositions particulières d'exécution du service de référence,
qui ont pour objet d'améliorer la satisfaction du destinataire final
continueront à s'appliquer, comme c'est le cas aujourd'hui, par accord
entre La Poste et les éditeurs.
Les modalités de tarification et de financement de ce service représentent
pour l'Etat et La Poste une charge financière importante. Il convient
donc d'améliorer pour la presse comme pour La Poste la visibilité
et la clarté attendues d'un système tarifaire respectant les
dispositions de l'article 38 du cahier des charges et conformément à
l'article 6 du présent contrat. Ces conditions s'avèrent nécessaires
pour développer une relation de fournisseur à client
satisfaisante.
La relation presse/Poste devra évoluer vers un système de prix
négociés adossé à un dispositif associant l'Etat,
la presse et La Poste. Ce dispositif, qui intégrera les principes généraux
de gestion d'entreprise et d'équilibre qui s'imposent à La Poste
mais aussi l'exigence de qualité spécifique que requiert la
distribution de la presse, résultera de négociations
quadripartites qui devront être achevées au plus tard le 31 décembre
1995 et qui seront menées dans le cadre de la réflexion globale
sur le système des aides publiques à la presse.
Ces négociations permettront de convenir de l'évolution sur la
période 1996-2005 de la part prise en charge par les éditeurs.
Seront également précisés les objectifs de qualité
de service assignés à La Poste ainsi que la définition du
dispositif de mesure et son mode de financement.
Pendant la période du contrat de plan :
- l'Etat stabilisera en francs courants, sur la période, sa
contribution au titre de l'aide à la presse calculée sur une base
de 1,9 milliards de francs.
- La Poste réalisera un effort de productivité de 1,5% par an
sur cette activité, dans le cadre de son plan global de productivité.
Les gains ainsi dégagés seront affectés à la résorption
du déficit de l'activité de transport et de distribution de la
presse restant à la charge de l'exploitant.
Pendant la durée du contrat de plan, La Poste optimise le service des
mandats avec pour objectif d'atteindre l'équilibre financier du service.
Dans cette optique, La Poste :
- redéfinit la gamme des mandats "domestiques"
qu'elle propose en vue d'améliorer la qualité des prestations
offertes et pour laquelle elle recherche l'équilibre d'exploitation.
- redéfinit sa gamme des mandats "internationaux"
en développant notamment ses adhésions aux réseaux
internationaux de transfert de fonds, auxquels elle a accès.
Article 9 : La gestion des fonds collectés
par La Poste au titre des CCP et des produits de la CNE et leur rémunération.
Le contrat de plan donne l'occasion à La Poste d'inscrire la gestion
de ses services financiers dans un cadre stable et mobilisateur.
Pendant la période du contrat de plan, la rémunération
des fonds des CCP déposés au Trésor est fixée par référence
au taux du marché. La Poste perçoit une rémunération
égale au taux des Bons du Trésor à taux fixe et intérêts
précomptés (BTF 13 semaines), diminuée d'une commission de
0,4 % en rémunération de la garantie apportée par l'Etat
aux dépôts sur les comptes courants postaux. L'application de cette
formule ne peut conduire à une rémunération inférieure
à 4,75% ou supérieure à 6,5%.
Ces principes contractuels permettent à La Poste de bénéficier
d'un système stable de rémunération, compatible avec ses
coûts de collecte. Les modalités précises de calcul et de
versement de cette rémunération sont fixées par la
convention relative à la gestion des fonds CCP.
Pour chacune des trois années du contrat de plan, la rémunération
servie à La Poste par la Caisse des Dépôts et Consignations
au titre des livrets A et B est égale à 1,5% des encours moyens.
La politique d'investissement et de recherche
Poursuivre la modernisation de l'entreprise et favoriser son développement,
tels sont les objectifs de la politique d'investissement que La Poste conduit
conformément à sa stratégie.
Ces objectifs seront notamment déclinés au travers des grands
programmes suivants :
- consolider le papier comme support de communication, grâce à
une meilleure satisfaction des besoins des éditeurs de presse, à
un soutien de la croissance du courrier publicitaire, et à une
participation active au développement du courrier hybride,
- mieux répondre aux attentes des clientèles du courrier,
notamment par le développement des services rendus aux entreprises, y
compris au travers de formes dématérialisées de
correspondance,
- moderniser l'appareil de production du courrier,
- se renforcer sur les marchés non substituables, grâce à
la rénovation de la gamme messagerie et à la mise en place d'un réseau
industriel dédié,
- mieux répondre aux attentes des particuliers dans le domaine des
services financiers, par la diversification des canaux de distribution, et par
une offre de nouveaux services performants,
- moderniser l'appareil de production des services financiers,
- rénover et maintenir l'ensemble des infrastructures existantes (réseau
de bureaux et biens immobiliers, parc de véhicules, parc informatique).
Pour ces différents programmes, La Poste pourra investir jusqu'à
9 milliards de francs dans le respect des objectifs financiers globaux prévus
au présent contrat de plan. Ce montant s'entend hors opérations
de croissance externe qui pourraient être éventuellement décidées.
Les montants annuels seront examinés par le conseil de direction du
FDES.
L'effort de recherche et de développement de La Poste s'exerce dans
trois domaines : techniques et procédures industrielles ; modernisation
et enrichissement de l'offre de produits et de services ; sciences humaines et
sociales.
La Poste concentrera ses efforts de recherche et développement dans
les champs où sa spécificité le justifie. Elle poursuivra
sur la période les travaux engagés dans la lecture automatique et
la monétique.
La Poste recherchera toute forme de coopération susceptible de
partager ou de valoriser ses efforts et de favoriser une normalisation, en
particulier au niveau européen.
Dans le cadre de son effort de développement et de compétitivité,
La Poste fonde sa politique de ressources humaines sur trois orientations :
- le développement des métiers et des compétences,
- la maîtrise de l'évolution des coûts de personnel,
- la mise en oeuvre d'une politique exemplaire en faveur de l'emploi.
le développement des métiers et des compétences :
La Poste continuera, dans des conditions négociées, ses
efforts en termes d'adaptation des métiers à travers la
classification et elle poursuivra une politique déterminée de développement
professionnel et de formation.
la maîtrise de l'évolution des coûts de personnel :
La Poste se donne pour objectif que sa masse salariale évolue moins
vite que son chiffre d'affaires.
Le dynamisme commercial de l'entreprise facilitera l'atteinte de cet
objectif.
Celui-ci passe par une maîtrise de l'évolution globale des rémunérations
d'une part, par une politique responsable d'emploi fondée sur
l'optimisation des organisations d'autre part.
une politique d'emploi exemplaire : fluidité, aménagement
du temps de travail, solidarité :
Fluidité : La Poste recherchera une amélioration de la
fluidité de l'emploi dans une démarche qui organise la rencontre
des besoins de l'entreprise et des aspirations de ses personnels. En
concertation avec les partenaires sociaux, elle mettra en application des
dispositifs de gestion des effectifs facilitant le redéploiement des
personnels et favorisant leur mobilité.
Aménagement du temps de travail : La Poste adaptera ses
organisations et favorisera notamment le développement d'emplois à
temps partiel, permettant ainsi de dégager de nouvelles formes d'emploi
et de mieux répondre aux attentes de ses clients comme aux aspirations de
ses agents.
Solidarité : La Poste, entreprise publique, s'engage à
participer à l'effort national pour l'emploi en définissant et en
appliquant une politique exemplaire en faveur de l'emploi des jeunes (notamment
au travers de l'apprentissage) et de la réinsertion des personnes en
difficulté.
Pour satisfaire ces trois orientations, La Poste mettra en oeuvre une
politique de recrutement appropriée. Le nombre de postes pour lesquels
des fonctionnaires peuvent être placés hors de la position
d'activité dans leurs corps s'élève au maximum à
200.
Le présent contrat de plan est signé pour trois ans sur
des bases économiques correspondant à l'environnement
institutionnel juridique et fiscal actuel et à un environnement macro-économique
tel qu'il est prévisible à la date de sa signature. Sur ces
bases, la prévision de croissance en volume du chiffre d'affaires de
l'activité courrier correspond à celle du PIB en volume diminuée
de 0,5 point.
Si une ou plusieurs composantes de cet environnement général
viennent à être sensiblement modifiées durant la période,
un ou plusieurs avenants au contrat seront définis pour modifier autant
que de besoin les conditions et modalités de réalisation du
contrat de plan.
La procédure de révision peut intervenir à tout moment,
sur demande de l'une ou l'autre des deux parties, indépendamment de la
procédure d'examen des bilans annuels d'exécution.
Enfin, le présent contrat de plan sera complété en tant
que de besoin, s'agissant de la contribution de La Poste à l'aménagement
du territoire, pour tenir compte des dispositions de la loi d'orientation sur
le développement du territoire telle qu'elle sera adoptée par le
Parlement.
ANNEXE 1 : Les modalités d'octroi des facilités
de trésorerie
Chaque titulaire d'un compte chèque postal dispose d'un droit à
découvert temporaire répondant aux caractéristiques
ci-dessous.
Le montant du découvert maximal autorisé est calculé de
la façon suivante :
Il est déterminé pour chaque titulaire un "découvert
de base" égal à 30% d'une assiette. L'assiette est égale
à la moyenne sur les 6 derniers mois du cumul mensuel des mouvements créditeurs.
Le montant du découvert effectivement autorisé par La Poste
sur chaque compte est modulé de 0 à 70% de l'assiette en fonction
de la qualité et du comportement financier du titulaire, mesurés
par les six catégories de critères suivants :
- somme des mouvements créditeurs mensuels sur le compte,
- qualité du titulaire, domiciliation, ancienneté du compte
CCP,
- surface financière de l'épargne liquide (livrets A, B, LEP,
CODEVI),
- détention d'une carte bancaire, ancienneté de la carte,
- identification de produits d'épargne boursière ou
contractuelle,
- dysfonctionnement du compte CCP.
Le montant du découvert autorisé reste valable un an sauf
variation importante des encours.
Le rapport entre l'encours moyen des soldes débiteurs et l'encours
moyen des avoirs CCP créditeurs est limité à 0,75%.
Pour chaque compte chèque postal, le nombre de jours cumulé de
découvert autorisé ne peut dépasser quarante-cinq jours
par trimestre.
Le dispositif précédent sera mis en oeuvre avant le 30 juin
1995.
ANNEXE 2 : Les indicateurs de gestion suivis dans le
cadre du bilan annuel d'exécution du contrat de plan
Les objectifs de qualité de service
- Qualité de service du courrier J + 1 et J + 2 mesuré par un
organisme extérieur :
pour le courrier domestique métropolitain :
distribution en J+1 : 80% en 1997
distribution en J+2 96% en 1997
- Courrier d'entreprise à J + 1 : 83% en 1997
- Mesure des délais aberrants
lettres tous flux confondus au delà de J+2 : 3% en 1997
- Qualité de service du courrier intraville à J + 1 : 90% en
1997
- Qualité de service de la publicité adressée
POSTIMPACT à J + 7 : 97% en 1997
- Délai moyen d'acheminement intermédiaire à
l'exportation à J+1
délai moyen de concentration jusqu'au bureau d'échange : 94%
en 1997
- Taux de satisfaction pour l'accueil dans les bureaux : 83% en 1997
Les indicateurs de gestion.
- Masse salariale / valeur ajoutée.
- Dette / Marge brute d'autofinancement.
- Dette / Fonds propres.
- Excédent brut d'exploitation / Chiffre d'affaires.
- Frais financiers / Chiffre d'affaires.
- Dividendes / Résultat net.
- Frais financiers / Dette.
Les indicateurs des services financiers
- Produit Net Bancaire / agent
Les éléments constitutifs de ces indicateurs feront l'objet
d'une définition précise avant l'entrée en vigueur du présent
contrat.
Les comptes définitifs de 1994, retraités à fiscalité
équivalente à celle de 1995, serviront de base à l'analyse
de l'évolution des indicateurs sur la période du contrat de plan.