AUTOROUTES ET SERVICES DE L'INFORMATION EN FRANCE
3 - Favoriser l'émergence de nouvelles technologies
Il importe que la France ne devienne pas seulement consommatrice de technologies de l'information, mais qu'elle profite de la croissance industrielle liée à ces nouveaux usages. Améliorer l'efficacité de la recherche publique et surtout ses liens avec les entreprises constitue une des principales priorités du Gouvernement. Les aides publiques à la recherche et développement privée (préfinancement, avances remboursables) seront articulées avec les orientations retenues en matière de recherche publique, selon une logique consistant à intégrer pleinement les laboratoires publics à la politique industrielle. Cette action se traduira par une concentration des moyens sur les priorités identifiées. Les nouvelles technologies de l'information constituent l'une de ces priorités. Dominique Strauss-Kahn et Claude Allègre ont confié à Henri Guillaume une mission sur la diffusion de l'innovation et la recherche technologique. Les conclusions de la mission Guillaume permettent de simplifier et de rationaliser les multiples dispositifs de financement public de la recherche et développement des entreprises (le texte intégral du rapport Guillaume publié le 12 mars 1998).
Pour préserver et développer la capacité de recherche et développement de notre pays dans les technologies de l'information et de la communication, Dominique Strauss-Kahn et Claude Allègre ont créé un réseau national de recherche en télécommunications (RNRT) qui coordonnera les efforts des laboratoires publics existants - le CNET, l'INRIA, le CNRS, les Ecoles, les Universités... - en associant les laboratoires publiques, des industriels privés et des opérateurs de télécommunications. Ce réseau est opérationnel depuis le 1er janvier 1998. Les moyens financiers nécessaires au développement des programmes de recherche qui seront initiés par ce réseau ont été dégagés.
Les choix industriels qui guident l'évolution du secteur public visent à constituer des ensembles puissants français ou européens, dotés notamment d'une capacité de recherche-développement comparable ou supérieure à celle de nos concurrents américains ou japonais. Les décisions récentes du Gouvernement relatives au développement de Thomson illustrent cette volonté.
Les cas de création d'entreprises par essaimage à partir d'organismes de recherche restent encore relativement rares. Cette faiblesse tient pour une large part aux difficultés à concilier le statut de chercheur avec celui d'entrepreneur et à l'absence de structures de soutien à la création d'entreprises (conseil, soutien logistique, financement). Une action en profondeur est engagée pour modifier cette situation. Dans l'immédiat, Dominique Strauss-Kahn et Claude Allègre ont autorisé l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique) à développer un fonds « d'amorçage ». Par ailleurs, des fonds ont été dégagés, à partir des recettes de l'ouverture du capital de France Télécom, pour permettre la création, autour des grands pôles technologiques publics, (labos, universités) de fonds d'amorçage, associant organismes publics de recherche et investisseurs privés. L'immense richesse accumulée de la recherche publique ne doit pas « dormir dans les coffres » mais servir à l'innovation industrielle, à la croissance et à l'emploi. 3 février 1998 © Secrétariat d'Etat à l'industrie - France |