(Last update : Wed, 8 Sep 1999)
[ Internet et PME ]

5.1.1.4.1.6 Les réseaux conçus directement autour de la norme IP semblent être la voie d'avenir

Actuellement les réseaux sont la plupart du temps "IP sur ATM" : c'est à dire que les paquets IP sont à leur tour découpés en paquets ATM. Chacun des paquets, IP comme ATM, devant comporter un volume non négligeable d'informations (notamment sur son adresse de départ et d'arrivée : les headers) cette superposition entraîne un gaspillage très significatif de ressources

Pour ce qui concerne le transfert de la voix, la polémique fait rage aujourd'hui sur le fait de savoir si le protocole IP permettra d'atteindre la qualité de service que procure le protocole ATM, en effet le protocole IP, beaucoup plus simple que le protocole ATM, ne s'assure pas que la bande passante est suffisante pour émettre un message : les paquets passent quand il y a de la place, chacun d'entre eux pouvant emprunter un chemin différent.(IP ne "s'engage" qu'à faire de son mieux : "best effort")

Ceci ne pose aucun problème quand la transaction n'exige pas le temps réel (mail, consultation d'une page web), cela est plus gênant pour une conversation téléphonique qui ne supporte ni les délais de transmission (100ms maxi), ni les blancs que peuvent entraîner les paquets mal reçus qui ne peuvent être utilement réémis

Pour la voix une qualité équivalente aux réseaux sous protocole ATM devrait être atteinte avec l'augmentation de la bande passante (comme c'est déjà le cas dans les Intranet disposant en général de hauts débits)

En tout état de cause la quasi gratuité pour la voix ainsi obtenue pourrait inciter certains à accepter une petite perte de qualité (analogue à celle des téléphones portables qui semblent avoir atteint un certain niveau d'acceptation par les utilisateurs)

Colin William patron de Level3, comme beaucoup d'économistes américains (Forrester Research www.forrester.com par exemple, Chris Mines séminaire Aftel NY nov98) prévoient d'ailleurs, après une phase de regroupement des opérateurs historiques de télécommunication et d'apogée de leurs résultats vers 2002, leur désintégration entre :

Il s'agit typiquement de fournisseurs d'accès internet gratuits, de téléphonie mobile, cartes prépayées, call-back, passerelle IP, portails, TV à la demande, pager, entrepôt de données (data warehouses),...: c'est ce domaine qui devrait voir éclore les nouvelles entreprises

(C'est la même évolution qui est prévisible pour l'électricité, l'eau, le gaz ou les banques)

Dans ce domaine, la voix qui ne croit que de quelques pourcents par an, alors que les autres applications connaissent une croissance de 10à15% par mois devrait être progressivement marginalisée,

"le prix d'un simple coup de fil sera trop bas pour justifier une facturation" Stephen Young Cabinet Ovum. Pour les liaisons intercontinentales le trafic internet a dépassé le trafic téléphonique en 1999, il le dépassera sur l'ensemble des réseaux en 2000 (Datamonitor) " à ce moment là, la voix depuis un poste fixe sera devenue tellement marginale qu'elle sera gratuite" John Chambers, président de Cisco www.cisco.com,


Aussi pour rester compétitifs les opérateurs devront être capables de transporter à un coût compétitif des térabits de données. Ils ne vendront plus à la durée et à la distance mais au débit instantané disponible, au volume transporté et à la qualité de service.

Il leur reste, heureusement pour eux, encore quelques belles années pour s'adapter car

"les prix baissent mais restent encore très largement au dessus des coûts, et sur les grandes artères où il y aura une véritable compétition ils pourraient chuter de 60 à 80% par an" Stephen Young Cabinet Ovum

Par ailleurs "la convergence des réseaux rend brutalement obsolète une grande partie des infrastructures existantes des opérateurs historiques" Hubert Tardieu directeur général de Sema group-Télécom, analyse confirmée par Gerald Thames patron de GTS

"à service équivalent un réseau construit sur le modèle internet est 4 fois moins coûteux qu'un réseau traditionnel" Russel Daggat Pdg de Teledesic

"Les opérateurs traditionnels se trouvent pris en porte-à-faux par des investissements élevés et des offres inadaptées, une opportunité stratégique apparaît pour les opérateurs qui s'appuient sur une unification autour d'IP" Rapport de Jean-François Abramatic http://mission-dti.inria.fr/index.html


Ces trois types d'activité ayant des besoins en capitaux très différents (en volume comme en nature), nécessitant des profil de gestionnaires très dissemblables il paraît peu probable au yeux de certains analystes, qu'une fois la concurrence établie et les "rentes de situation" résorbées le modèle intégré actuel soit encore viable (d'autant plus qu'un client acceptera difficilement quand il aura le choix que sont fournisseur soit également son concurrent, le mettant à la merci d'un manque de fair-play, qualité qui n'est pas toujours au rendez-vous dans les périodes où la survie est en jeu)

Aussi Level3 qui vise rien moins que 60% du marché des communications longues distances se dit prêt à investir 10 milliard de dollars sur un réseau totalement IP permettant de réduire de 50%, à très court terme, les coûts facturés aux opérateurs, puis de casser à nouveau les prix en 2001

De même Worldcom, Global Crossing, Teleglobe, GTS-Hermès, Equant, BT-ATT, Williams, Teligent, Winstar, Flag, GTE, Frontier, Viatel-Circe, IXG, Qwest,... qui nourrissent des ambitions de même nature et construisent des réseaux IP intercontinentaux : il y aura nécessairement des mouvements de concentration (comme le rachat de Eunet par MCI, lui même absorbé par Worldcom lors d'une gigantesque OPA de 30 Milliards de dollars, ou le rachat pour 5 Milliards de dollars du réseau d'IBM par ATT)


Chacun d'entre eux prévoit qu'il n'y aura que trois survivants au niveau mondial dans ce métier (dont aucun opérateur historique)

Les récentes OPA et OPE ont mobilisé 400 Milliards de dollars depuis 1996, date de l'adoption du nouveau cadre réglementaire américain

il est peu douteux qu'il en sortira des réseaux plus performants et avec des structures de coût et de frais généraux moins élevés que des opérateurs historiques comme ATT

La vitesse de réaction de ces nouveaux groupes est évidemment sans commune mesure avec celle des consortiums internationaux qui sont soumis à de délicates règles pour les prises de décision

Notons par ailleurs que British télécom a annoncé pour la fin de l'année, la construction d'un réseau entièrement IP (réalisation Nortel Networks à partir de la technologie Bay Networks)...en Espagne, pour attaquer l'opérateur historique local : cela lui permettra d'avoir un seul réseau voix et données au lieu de 2

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