Différentes études toxicologiques, épidémiologiques, cliniques, environnementales permettent de
dire que la pollution atmosphérique peut, même à un niveau faible, avoir des répercussions
néfastes sur la santé humaine (surtout chez les personnes âgées, asthmatiques), les écosystèmes
ou l'environnement en général, répercussions dont la nature n'est pas spécifique de la seule
pollution de l'air, ce qui complique toute évaluation quantitative de son impact propre.
LES EFFETS SUR L'ENVIRONNEMENT
Les effets de la pollution atmosphérique sur l'environnement peuvent se
ressentir
Au niveau local
sur les matériaux : corrosion par le dioxyde de soufre, noircissement et encroûtement des bâtiments par les poussières
issues en grande partie de la combustion des produits pétroliers, altérations diverses en association avec le
gel, l'humidité et les micro-organismes ;
sur les végétaux : nécroses visibles en cas de fortes concentrations de polluants, réduction de la
croissance des plantes sans dommages visibles (par exemple baisse de la production agricole de céréales
(blé) due à l'ozone), résistance amoindrie des plantes à certains agents infectieux.
Au niveau régional
Le principal effet des polluants atmosphériques à cette échelle est leur contribution aux phénomènes de pluies acides qui,
en liaison avec d'autres facteurs (sécheresse, parasites, entraînent le dépérissement des forêts et la dégradation des sols.
Dioxyde de soufre (formation d'acide sulfurique) et oxydes d'azote (formation d'acide nitrique) sont liés directement à la
formation des pluies acides, tandis que l'ozone altère la physiologie des arbres forestiers.
LES CRITÈRES
DE LA QUALITÉ DE L'AIR
Des critères de qualité de l'air ont été définis. L'organisation mondiale de la santé (OMS) détermine les
niveaux d'exposition (concentrations et durées) en deçà desquels il n'a pas été observé d'effets nuisibles
pour la santé humaine ou les végétaux (valeurs guides). [!Union européenne élabore des directives qui
instaurent des valeurs limites ne devant en aucun cas être dépassées et fixe des objectifs plus
contraignants (valeurs guides) qu'il faudra, à terme, respecter.
LA LOI SUR L'AIR
En France, après de longs débats et concertations, la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie a
été adoptée le 30 décembre 1996. Elle ceconnaît à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa
santé et d'en connaître précisément la qualité.
UN COCKTAIL DE POLLUANTS
L'air respiré en milieu urbain est un mélange extrêmement complexe dans lequel les multiples gaz
subissent des interactions physiques et chimiques. Il est de ce fait illusoire de discerner avec précision le
niveau et l'effet propre de chaque polluant pris individuellement.
Les effets sur la santé
UNE ÉTUDE ÉPIDÉMIOLOGIQUE CAPITALE EN ILE-DE-FRANCE
À la demande du préfet de Région et du président du conseil régional d'Ile-de-France, l'Observatoire
régional de santé (ORS) coordonne le programme de recherche ERPURS (Evaluation des risques de la
pollution urbaine pour la santé) qui, après une première phase couvrant la période 1987-1992, est un
constante réactualisation. ERPURS a pour objectif de mesurer l'impact à court terme de la pollution
atmosphérique sur la santé en Ile-de-France. Pour cela, des données sanitaires (hospitalisations, visites à
domicile de SOS Médecins-Paris, arrêts de travail ...) ont été mises en relation avec les mesures de
pollution atmosphérique fournies par AIRPARIF (fumées noires, dioxyde de soufre, dioxyde d'azote et
ozone). Cette étude prend en compte certains facteurs qui pourraient interférer
dans la relation entre la pollution atmosphérique et la santé, par exemple les périodes de pollinisation, la
météorologie, les épidémies de grippe, les grèves dans les hôpitaux, etc.
L'étude amis en évidence un lien entre les variations (les niveaux moyens journaliers de pollution
couramment observés en agglomération parisienne et les données sanitaires, Parmi les résultats, on peut
noter une corrélation entre l'augmentation des concentrations en fumées noires et les hospitalisations pour
causes cardio-vasculaires (voir la courbe dose-réponse (lui met en relation l'intensité de la pollution, donc
de l'exposition, et le nombre de sujets présentant des effets). Autre exemple : la corrélation entre les
teneurs en dioxyde d'azote et les visites médicales à domicile par SOS Médecins pour asthme (voir la
courbe dose-réponse). Le risque relatif ajusté (RR) indiqué sur les courbes doses-réponses correspond
au rapport entre la probabilité de survenue d'un effet chez des sujets exposés aux facteurs de risque de la
pollution atmosphérique et la probabilité de survenue de cet effet lorsque les sujets sont le moins exposés.
PRINCIPAUX SYMPTÔMES
Les polluants sont des gaz ou des particules irritants et agressifs qui pénètrent plus ou moins loin dans l'appareil
respiratoire et qui peuvent être liés à:
une augmentation des affections respiratoires : bronchiolites, rhinopharyngites, etc. ;
une dégradation de la fonction verttilatoire : baisse de la capacité respiratoire, excès de toux ou de crises
d'asthme;
une hypersécrétion bronchique;
une augmentation des irritations oculaires;
une augmentation de la morbidité cardio-vasculaire (particules fines) ;
une dégradation des défenses de l'organisme face aux infections microbiennes;
une incidence surlamortalitéàcourt terme pour affections respiratoires ou cardio-vasculaires (dioxyde de
soufre et particules fines) ;
une incidence sur la mortalité à long terme par effets mutagènes et cancérigènes (particules fines,
benzène).
Les enfants asthmatiques sont particulièrement sensibles
à la pollution atmosphérique.