La prévision en temps utile des épisodes de pollution répond à une forte attente du public et des autorités. Elle permet de
prendre des mesures de réduction des émissions, par exemple agir sur la circulation des véhicules en Ile-de-France ou
demander aux centrales thermiques de diminuer leur production.
UN PREMIER PAS :
LA TENDANCE POUR LE LENDEMAIN
Depuis quatre ans, le serveur Minitel 3615 AlRPARIF diffuse l'indice quotidien de qualité de l'air Atmo,
accompagné d'une tendance pour le lendemain fondée sur des paramètres météorologiques prévus par les modèles
numériques de prévision (gradient de température, températures minimales et maximale, vitesse du vent) et fournis
par les services régionaux de Météo-France (Diric).
La prévision des qualités dispersives de l'atmosphère pour le lendemain permet de déterminer
qualitativement une tendance de la qualité de l'air : dégradation. amélioration ou stationnaire. tant pour
l'ozone en été que pour le dioxyde d'azote en hiver. Pour ces deux polluants, cela constitue un premier
pas vers la prévision.
PREVOIR PLUS FINEMENT
LA POLLUTION: UN DÉFI
RELEVÉ
Les textes en vigueur préconisent des mesures d'urgence lorsque les seuils d'alerte sont atteints ou risquent
de l'être, ce qui implique la nécessité d'une prévision de ces dépassements.
Cependant, cette prévision n'est pas aisée. Le principe est d'étudier, à partir de la connaissance historique
de la pollution d'un site, les liens existant entre les niveaux du polluant que l'on cherche à prévoir et les
conditions météorologiques. Par la suite, la seule connaissance de certains paramètres météorologiques
permet, par analogie et avec une certaine marge d'erreur, de déterminer les niveaux probables de pollution.
Il suffit alors de prévoir ces paramètres dont la nature varie selon le polluant concerné.
La contrainte de ces méthodes statistiques est que plus un épisode a été rare par le passé (par exemple les
épisodes très aigus déclenchant une alerte ont été au nombre de trois depuis 1992), plus un épisode du
même type sera difficile à prévoir. D'où la nécessité à la fois de disposer d'une base de données suffi
samment longue - qui permettra de couvrir le maximum d'épisodes de pollution -, et d'axer les actions sur
des événements suffisamment fréquents pour qu'ils soient prévisibles (de l'ordre de trois à quatre par an).
PRÉVOIR PLUS VITE
La prévision est devenue un impératif pour l'action des autorités
en cas d'alerte, afin de limiter l'exposition des Franciliens
à des niveaux de pollution qui pourraient être nocifs pour la santé
des personnes les plus sensibles, voire
pour la santé de l'ensemble de la population.
UNE ÉTAPE DÉCISIVE : LA PRÉVISION À COURT TERME
AIRPARIF a initié en 1994 une nouvelle voie de recherche en collaboration avec deux laboratoires du
CNRS (université Orsay-Paris-Xl et université Lyon-1).
Ce projet a pour objectif d'établir
une prévision des niveaux de pollution à courte échéance quelques heures à l'avance), uniquement à partir
de données météorologiques
observées (et non pas prévues) et de niveaux de pollution.
Dans un premier temps, la prévision
de l'ozone a été choisie, du fait de la
prédominance des épisodes de pollution dus à ce polluant pendant les
périodes estivales.
Cette opération pilote à l'échelle nationale permet à AIRPARIF de prévoir des niveaux de pollution d'ozone
à courte échéance: le matin à 9 h 30 pour
l'après-midi. Cette prévision est opérationnelle depuis l'été 1997 et diffusée sur le Minitel pendant la
période estivalc. Pendant l'hiver 1997-1998, une
prévision à court terme du même tvpe
sera restée pour le dioxyde d'azote.
OBJECTIF AVANT
L'AN 2000: LA PRÉVISION
POUR LE LENDEMAIN
L'objectif ultérieur est de se doter d'un outil de prévision des concentrations de tous les polluants visés par
la procédure d'alerte (dioxyde de soufre, dioxyde d'azote, ozone et prochainement poussières). Cette prévi
sion pour le lendemain nécessite une étroite collaboration entre experts statisticiens (valorisation des épiso
des anciens), experts en dynamique atmosphérique (sélection des meilleurs prédicteurs météorologiques en
fonction des polluants) et en prévision météorologique (faisabilité et qualité de la prévision des paramètres
météorologiques).
La mise en place de mesures de réduction des émissions par les autorités compétentes nécessite au mini
mum que la prévision soit établie à 14 heures pour la journée du lendemain. On comprend qu'une grande
fiabilité de cette prévision sera exigée par les décideurs car elle constituera un élément clef dans la prise de
décisions immédiates.