[ Yolin | 2003 | Sommaire ]

1.3.1.6.5.1.1 Un fonds de commerce déjà établi pour le commerce électronique (transport, banque, VPC,...)

8,5 millions de terminaux (dont 2,5 d'émulateurs sur PC), 14 000 services, 15 millions d'utilisateurs

Les Français ont depuis 20 ans l'habitude de taper sur un clavier pour trouver une information, en la payant, ou pour acheter un produit. Aujourd'hui les plus gros utilisateurs du minitel sont aussi ceux qui ont été les plus gros utilisateurs d'internet

Le chiffre d'affaire du commerce en ligne représentait dès 1996 12,6 milliards de F (3,1 pour les éditeurs, 1,5 pour les facturations directes et 8 pour la VPC sans compter les 3,2 pour France Télécom) soit un chiffre nettement supérieur à ce qu'il était sur internet pour le monde entier (depuis ce chiffre est resté relativement stable alors que nous avons vu que sur Internet il croît de façon exponentielle). Henri de Maublanc président de l'Aftel se scandalisait qu'un accès Télétel soit facturé 100 fois plus cher qu'un nom de domaine internet

Quant au trafic il poursuit sa légère baisse : -3% en 1997, -4,1% en 1998, baisse compensée par une hausse de tarif significative : +11%en 2 ans, politique tarifaire classique pour des produits en fin de vie ou il convient de profiter de l'inertie des habitudes pour obtenir le rendement optimal auprès de clients qui hésitent avant de basculer, c'est dans le domaine du marketing la phase qui suit période dite "vache à lait" : c'est celle où on mange la viande :

2002 : le Minitel est toujours là, et en pleine forme : le parc n'a décru d'un an sur l'autre que de 3,2 millions à 3,1 (médiamétrie-France Télécom)

http://www.emmanuellerichard.com/Articles/Scan2001/Libe_Minitel.htm "Cette année, son audience sera en hausse", affirme Vincent Barnaud , directeur commercial des activités Kiosques chez France Télécom. Et, pied de nez à l'histoire, des stars de l'internet comme Yahoo, devant le retard de notre migration vers Internet ont ouvert le 36 15 Yahoo

Certes, le parc de minitels continue de fondre (-250 000 par an). Mais I-Minitel permet aujourd'hui aux internautes une consultation facile et à grande vitesse les services télématiques(500 000 téléchargements du logiciel depuis l'an dernier, 250 000 utilisateurs par mois), selon Vincent Barnaud. Si bien que le nombre des minitélistes potentiels reste supérieur à celui des internautes : 15 millions de Français ont accès aux services télématiques chez eux ou au travail, contre 9 millions pour l'Internet.

"Il y a encore dix-huit mois, on nous demandait quand France Télécom comptait arrêter le Minitel : Aujourd'hui c'est clair : non seulement nous n'arrêtons pas, mais nous continuons d'investir, "en 1997, France Télécom avait décidé de ne plus communiquer sur le Minitel mais la situation a changé et avec Wanadoo plus personne n'a de doute sur notre engagement dans l'Internet"

Bien sûr, personne ne pense a un retour en force de l'ancêtre, si peu multimédia et si onéreux à l'usage. Le trafic Minitel est en baisse continue depuis 1993, et le temps de connexion devrait encore chuter de 15 % cette année.

Chez France Télécom, on constate simplement que "le monde se fragmente" entre PC, télé interactive, portables, Minitel, et qu'"il est plein d'incertitudes". En particulier, le Web peine à se trouver un modèle de revenus. Du coup l'opérateur propose à ceux qui ont lourdement investi dans des contenus web des formules de "multiaccès", c'est-à-dire des débouchés sur tous les types d'écran. Depuis un an, avec d'autres éditeurs (Jet Multimédia, Wokup), il propose un service baptisé " Et Hop Minitel " qui reformate automatiquement les contenus web pour le bon vieux Minitel.

C'est ainsi que Yahoo propose aux étudiants de relever leur mail sur Minitel quand ils passent les vacances chez Mamie, plus souvent télématisée qu'internétisée. "On ne se fera sans doute pas beaucoup d'argent avec ça, l'important est de trouver des gens qui auront envie de continuer avec nous sur le Web", confie-t-on chez Yahoo. Chapitre.com vend ses livres aux minitélistes, Boursorama ses informations financières, le Quid ses données sur les communes de France. Aufeminin, Jobfinance, Immopratique, etc. sont aussi venus explorer ces terres low-tech. "Plus que le modèle économique de la télématique (paiement à la durée avec le système de "kiosque"), c'est l'environnement de confiance propre au Minitel qui séduit. Le commerce électronique y est à l'abri des pirates", dit Vincent Barnaud.

Promesse. France Télécom évalue le "commerce télématique" à 12 milliards de francs (1,9 milliard d'euros), dont 4,5 milliards en chiffre d'affaires de connexion (3 milliards étant reversés aux éditeurs de service). Le cabinet Jupiter MMXI compte différemment, puisqu'il vient d'estimer à seulement 712 millions de francs (108 millions d'euros) le montant des transactions effectuées via Minitel en 2001, contre 1,6 milliard pour l'Internet. Le Minitel ne pourrait s'offrir un tel pied de nez à l'histoire si l'Internet avait tenu ses promesses en termes de facilité d'accès et de sécurité côté utilisateurs, et de rentabilité côté fournisseurs de service.

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(Last update : Fri, 9 Feb 2007)