Au moment où la réforme constitutionnelle trace le cadre d'un renouveau de la décentralisation, l'administration d'outre-mer apparaît aux avant-postes des évolutions auxquelles l'ensemble de l'administration française doit faire face au tournant du siècle. Les défis posés par la décentralisation, par l'intégration européenne et par la mondialisation poussent à l'innovation en matière de structures et de gestion.
La loi d'orientation pour l'outre-mer de 2000 a ouvert de nombreuses possibilités en cours d'exploration en matière de décentralisation après l'autonomie instaurée en Nouvelle-Calédonie, souhaitée en Guyane. Le rôle de l'État s'est lui aussi transformé. Garant de la citoyenneté et des droits qui lui sont attachés, seul titulaire des fonctions régaliennes, il a dû faire face aux évolutions des outre-mers dans son organisation sur place comme dans l'administration centrale.
Les DOM font partie aujourd'hui d'un ensemble plus vaste, celui des régions ultra-périphériques de la Communauté européenne ; leurs relations avec ces régions-soeurs et avec Bruxelles sont devenues un élément central de leur administration. Les autres collectivités d'outre-mer restent quant à elles associées à la Communauté au titre de pays et territoires d'outre-mer, mais dans un cadre renouvelé.
La mondialisation se décline dans des espaces régionaux différenciés, chacun à la recherche de modalités de coopération, voire d'intégration plus faciles à projeter qu'à mettre en œuvre. L'insertion dans l'environnement régional américain, celui de l'Océan indien ou encore du Pacifique passe lentement du stade du discours à celui de l'action. Outre-mer plus qu'ailleurs, on ressent les influences complexes et parfois contradictoires qu'implique l'appartenance à la République, à l'Union européenne et à un ensemble géographique proche.
Dans ce numéro qu'ouvre un avant-propos de Brigitte Girardin, ministre de l'outre-mer, des magistrats et des universitaires apportent un éclairage différent sur les outre-mers français.