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"Le style, c'est l'homme!" |
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GENERALITES La langue possède une certaine autonomie (lexique, syntaxe, phonétique etc...) par rapport à la logique des idees. Mais elle est largement conditionnée par le contexte de la communication, et souvent par le co-texte, c'est-à-dire ce qui est dit ou a été dit sur le même sujet. Là encore la créativité s'appuie largement sur l'analyse de situation.
LE STYLE DANS LA COMMUNICATION
1°) QUOI?
Tout comme le récit ou le discours, le style vise à obtenir un certain effet. Dans le récit, l'action prédomine; dans le discours, c'est le choix des thèmes et des idees. Le style s'intéresse principalement à la forme et c'est une modalité, un instrument de la communication stratégique.
La composition générale du texte (descriptive, narrative, dramatique, argumentaire...) contribue aussi à amplifier l'impact des idees, de l'action ou de l'émotion.
Le style proprement dit s'apprécie surtout au niveau des petites unités élémentaires: le mot, la phrase, le paragraphe, une nouvelle de quelques pages, une scène de dialogue...Il est en effet difficile de soutenir longtemps un effet de style "pur", sans contenu d'action, sauf en musique et dans les arts non-figuratifs. |
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UTILITE 2°) POURQUOI?
Le gendarme qui verbalise, la cantatrice qui vocalise, le philosophe qui analyse n'ont pas les mêmes intentions d'énoncé ni le même style. On peut par exemple choisir son style selon les six fonctions que les linguistes modernes attribuent au langage:
* Fonction phatique:
Elle sert à établir, maintenir ou couper le contact avec l'interlocuteur (Allo, bonjour, au revoir, c'est terminé!
Comment allez-vous interpeller par lettre, par téléphone, dans la rue ou dans un salon? Comment saluer, vous présenter, engager la conversation, prendre la parole, prendre congé? Comment reprendre contact après un silence, une rupture?
* Fonction conative:
Elle s'adresse au destinataire pour l'impliquer intellectuellement ou affectivement dans l'action ou le discours.
Il s'agit fréquemment d'un ordre (Allons enfants de la Patrie!), une interpellation (vous là-bas! écoutez donc!), une prière (Notre Père, s'il vous plaît), une dédicace ou un hommage (Vous qui ne voyez pas, pensez à ceux qui voient...), une invitation à s'exprimer.
Il s'agit de proposer de faire pour lui, de faire ensemble ou de lui faire faire. On peut aussi solliciter une information, une opinion, une aide ou simplement demander le droit de parole pour s'exprimer.
* Fonction expressive:
Elle permet d'exprimer une sensibilité, une attitude, une personnalité: "Toute ma vie, je me suis fait une certaine opinion de la France (de Gaulle) et longtemps je me suis couché de bonne heure (Proust)".
Que voulez-vous exprimer:
- un sentiment ? amitié, haine, certitude, optimisme?
- une réaction? vous réjouir ou vous plaindre d'autrui, des évènements?
- un jugement de valeur? approuver, critiquer?
* Fonction référentielle:
Centrée sur le contexte du message, la situation, les objets concernés...Que vous voulez-vous dire à propos de votre sujet? voulez-vous questionner, deviner, énumérer, raconter, affirmer, nier contredire, démontrer?
* Fonction métalinguistique:
Elle donne des explications sur le langage ou les codes utilisés pour s'exprimer. "Qu'entendez-vous par cela? Cela dit bien ce que cela veut dire; quand je vois ce que je vois, je pense ce que je pense..."
Serez-vous appelé à expliquer, préciser, définir votre pensée? répéter, développer, illustrer, paraphraser? traduire, interpréter, corriger? annoncer votre plan, souligner les points essentiels?
* Fonction poétique
Centrée sur l'apport spécifique des mots au-delà de leur sens: forme, sonorité, rythme...Cette fonction prédomine dans la poésie pure ou dans les jeux de mots; c'est le domaine rêvé de l'association. Jeu tout aussi gratuitement créatif que les échecs ou le bridge. |
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MODALITES-OUTILS
3°) A QUI? OU, QUAND?
Le choix du style comme le choix des idees s'ajuste au public. Certaines formes d'humour, les citations érudites, les fines allusions d'un cercle d'initiés ne sont pas appréciées de tous. Il existe des niveaux de style (écrit, noble, érudit, familier, vulgaire etc...) où lexique et syntaxe s'adaptent aux circonstances.
On n'utilise pas les mêmes tactiques de langage devant un public ami (Bravo, il a bien parlé!) neutre et méfiant (Que me veut-il exactement?) ou franchement hostile (A bas l'orateur!). Cela paraît évident; encore faut-il en tenir compte. Certains orateurs, artistes de cabaret ou politiciens gèrent des banques de mots, de bons mots ou de figures rhétoriques pour leurs divers publics (enfants, adolescents, jeunes cadres, provinciaux, manifestants en colère).
Il faut donc en résumé recenser les moyens rhétoriques possibles en fonction de l'effet recherché sur l'interlocuteur. Un discours sur le péché de chair ne contiendra pas le même matériau verbal selon qu'il est prononcé par Paul Claudel, Raymond Devos ou Madonna. Un simple cri de douleur est à la fois récit, discours, invocation rhétorique...
Avec son vocabulaire abscons, la rhétorique oblige à descendre des nuées de l'enthousiasme créateur pour patauger dans la glaise de la glose. Mais le génie littéraire, lui aussi, est une longue patience... |
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LES MOTS
1°) Les mots: Quoi ? Pourquoi? "Car le mot c'est le Verbe, et le Verbe c'est Dieu" Victor Hugo
Les mots du vocabulaire (noms, adjectifs, verbes) désignent des êtres, des qualités et des actions; et les mots de la grammaire (temps des verbes, conjonctions, adverbes) marquent des relations.
Pourquoi ?
* Communiquer quelque chose: une idée, une émotion. Un seul mot peut assurer en même temps plusieurs fonctions du langage : "Aïe!" est à la fois un cri de douleur, un appel à autrui, très poétique et parfaitement clair.
Victor Hugo a fait remarquer l'étrange pouvoir d'immensité des monosyllabes: mer, nuit, jour,, bien, mal, mort, oui, non, Dieu...
* des contraintes formelles: bien sûr celle de la langue choisie et de la langue comprise par les deux interlocuteurs. Mais aussi des contraintes matérielles : jeux verbaux (anagrammes, acrostiches...), inscriptions à espace réduit dans les mots croisés, les cartes de visite, enseignes publicitaires et pierres tombales... |
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2°) Les mots: Comment? "Le grain des mots cache la paille des choses"
* Trouver des mots
- Trouver des mots à partir des idees: le dictionnaire analogique regroupe les mots selon leur sens direct et les sens associés
- Eviter les répétitions et préciser son expression grâce au dictionnaire des synonymes
- Résumer la grille de contraintes avant de lancer sa recherche: signification des mots, connotations possibles, dimension, lettres utilisées, sonorités,
* Créer des mots?
Il est parfois indispensable de le faire pour mieux se faire comprendre, pour fonder une religion nouvelle, pour vendre un produit, pour déposer une marque, pour nourrir un calembour ou une raillerie.
Un émule d'Ubu Roi peut dénoncer un gouvernement où siégeraient un Ministre des Economies et de la Finance, un Ministre des Etranges Affaires, un Ministre de l'Eructation Nationale, un Ministre de la Défonce, un Ministre de l'Injustice etc...
On peut dériver à partir des racines verbales, décliner des onomatopées ou autres sonorités (en période de grève , "il n'est que rares rires aux rues"), associer des mots (mots-valises), franciser des expressions étrangères...Ces jeux divers sont très pratiqués dans les ateliers d'écriture. Voir aussi l'article "Glossaire, j'y serre mes gloses" de Michel Leiris dans "Mots sans mémoire" Gallimard).
* Employer les mots:
- Le niveau de vocabulaire
- La catégorie grammaticale des mots entraîne ses connotations sur un même sens: par exemple, il n'est pas indifférent de décrire la tristesse ou la colère avec des noms, des adjectifs, des verbes ou des adverbes...
- Le choix des mots s'exprime dans un contexte général (On ne parle pas de corde dans la maison d'un pendu, ni de ses chaussettes sèches à une archiduchesse...). Le contexte de la phrase est également important.
Certains écrivains jouent avec la langue en s'obligeant à supprimer une lettre (par exemple la lettre E dans "la Disparition" de Georges Perec) ou encore un mot. Cette contrainte littéraire peut être particulièrement utile pour la créativité des négociateurs qui accepteraient de ne pas prononcer les mots "oui" et "non". |
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ORGANISATION
PHRASES ET PARAGRAPHE
1°) La phrase: Quoi? Pourquoi?
La phrase est un groupe de mots agencés pour exprimer un thème et un propos, ce dont on parle et ce qu'on en dit. Elle déclare, interroge, ordonne, s'exclame selon d'innombrables formes, recensées par les grammairiens et qui peuvent servir de guide pour la diversité créative.
Prise en elle-même indépendamment de son contexte, la phrase solitaire peut fortement marquer celui à qui elle est destinée. Elle s'inscrit dans les livres d'or des musées, au fronton des monuments ("Passant, n'entre pas sans désir" pour cette maison très close du Palais de Chaillot), en épigraphe des chapitres d'un livre, en légende d'une photo, en appel au peuple ("Prolétaires de tous les pays..."). La presse en fait une forte consommation, tout comme la vie politique qui est pavée de bonnes intentions... et de petites phrases.
Dans les textes brefs, (le paragraphe, le mémo, la lettre brève, le sonnet, le slogan), l'agencement des phrases a autant d'importance que la construction d'ensemble. Dans les textes longs, les phrases sont en quelque sorte noyées, sauf pour les endroits stratégiques à surveiller particulièrement (introduction, conclusion, transition) .
2°) La phrase: Comment?
* On peut emprunter des phrases à autrui, procédure reposante qui trouve ses lettres de noblesse dans les recueils de citations (beaucoup sont informatisés...).
* On peut les combiner comme des jeux de Mécano.
Partez d'une phrase élémentaire, disant bien ce qu'elle veut dire, mais le disant trop simplement, ou trop clairement, ce qui peut perturber votre interlocuteur.
Partez aussi d'une locution bien connue, d'un "lieu commun" admis du grand public, (exemple: "il faut battre le fer quand il est chaud!"). Encore mieux, retournez une phrase imprudente d'un adversaire politique.
* Et vous entreprenez méthodiquement la transformation:
- en changeant un ou plusieurs mots;
- en insistant sur les noms (indiquant des objets), sur les adjectifs (propriétés) ou les verbes (actions, processus).
- en inversant les termes ou les concepts. Le perverbe, perversion de proverbes, est un jeu savoureux ("Les voyages forment la jeunesse...mais ils déforment la vieillesse")
- en jouant sur les sonorités et les rythmes;
- en construisant des formes interrogatives, négatives, conditionnelles..."Pour le technicien, toute question appelle une réponse et tout problème appelle une solution. Oui, mais certaines réponses suscitent bien des questions et certaines solutions engendrent bien des problèmes".
- Inspirez-vous, si vous êtes très savant, de la Grammaire transformationnelle qui distingue les transformations déclarative, interrogative, impérative, passive, emphatique, impersonnelle, pronominale, nominale, subordinatrice, complétive, circonstancielle, relative, qualificative, affective, présentative...De quoi vous amuser beaucoup.
N'ironisons pas trop sur ces travaux érudits, utilisables à titre d'exercices pédagogiques ou pour l'analyse a posteriori plutôt que pour la créativité immédiate. Là se trouve peut-être l'avenir des générateurs automatiques de textes. On peut aussi plus simplement s'amuser aux travaux de l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle, Gallimard, Collection Idées) ou savourer les "Exercices de style" de Raymond Queneau.
Il est possible de se construire un générateur de textes semi-automatique, "report writer" ou "story writer" : cela existe dans les ateliers d'écriture, notamment aux Etats-Unis. On classe ses idees par variables principales: acteurs, actions, situations, relations entre les uns et les autres. On complète par des variables secondaires: lieux, moments, descriptions, arguments, effets de style. On peut incorporer diverses contraintes tenant par exemple à la capacité d'écoute ou de lecture du destinataire (durée du discours, nombre de mots utilisés etc...) ou à ses attitudes (motivations, valeurs etc...). Et on obtient les innombrables variantes de "fillers", séries B de télévision qui occupent un peu de temps disponible entre deux publicités; ou encore les manuels du parfait orateur pour toutes circonstances.
Laissé à lui-même le système de "CREATION" n'a cependant guère plus de chances de composer l'Iliade ou la Bible que 1000 chimpanzés tapant sur 1000 machines à écrire pendant 1000 ères géologiques. Pas seulement pour des raisons de probabilité statistique, mais aussi parce qu'il leur manquera l'intention créatrice (un auteur donné, dans une situation donnée) qui donne un sens à toute communication.
3°) Le paragraphe |
Technologies du langage |
ECHANGES |
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EVALUATION |
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PRESENTATION |
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PERSPECTIVES |
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