ANALYSE DES BESOINS LINGUISTIQUES
"La formation n'est pas un coût mais un investissement"
La population théoriquement concernée (effectifs totaux de l'entreprise et de ses filiales + éventuelle clientèle extérieure) n'est qu'un indicateur assez grossier des besoins.
Tout le monde n'a pas le besoin ni l'envie de pratiquer des langues étrangères.
Tout le monde n'est pas dans la même situation d'urgence:
ceux qui doivent demain partir exercer des fonctions à l'étranger
ceux qui souhaitent apprendre ou pratiquer une langue par souci culturel de formation permanente ou de préparation d'une future retraite aux Bahamas.
Tout le monde n'est pas aux mêmes niveaux de départ (débutant, faux débutant, perfectionnement, langue spécialisée) ni d'arrivée souhaitée.
Or les actions de formation diffèrent singulièrement dans les degrés d'implication (de temps, de motivation, de professionnalisme, de rigueur, de coûts).
1°) Quelles langues?
Anglais, lingua franca du commerce international
Français langue étrangère: pour les employés ou partenaires étrangers
Autres langues courantes: espagnol, allemand
Autres langues éventuelles (notamment pour futurs expatriés): portugais, russe, italien, chinois etc…toute grande entreprise internationale devrait avoir "son" russe, chinois, japonais, tuteur de quelques français…
N'importe quelle langue: "je veux qu'on m'apprenne l'amharique pour mes prochaines vacances en Ethiopie"
2°) Quels niveaux?
La formation initiale aux objectifs très différésdevrait plutôt être laissée aux initiatives individuelles, quitte à proposer les moyens d'un centre de ressources ou l'inscription (peu coûteuse mais excellente) au Centre National d'Enseignement à distance)
Les faux débutants: pourraient être portés au niveau du BTS de traducteur commercial (au CNED?) donnant un bon niveau de langue professionnelle. C'est probablement un bon objectif pour des cadres appelés à travailler couramment en anglais seconde langue
Le perfectionnement: lié à des cas particuliers: départ en expatriation, négociateurs internationaux, responsables de communication internatioanle et, bien sûr, les dirigeants, si par exception, ils ne sont pas polyglottes dans les deux ou trois langues essentielles.
3°) Quels contenus?
Le "cadre commun de référence " du Conseil de l'Europe (1998) propose trois aspects:
la "compétence langagière": capacité de communiquer
composante lingusitique: savoirs et savoir-faire relatifs au lexique, la grammaire, la prononciation ( "Au Hanovre, on hache le haddock avec un hachoir") et diverses autres dimensions du système linguistique
composante socio-linguistique: rituels culturels de la communication (politesse, humour, tabous…)
composante pragmatique: mise en oeuvre fonctionnelle des outils de langage, scénarios et interactions d'échanges, maîtrise de cohérence du discours
stratégies de communication: adaptation aux tâches et situations; préplanification des échanges, réception, interaction…
apprendre à apprendre: pour se mettre à jour dans l'évolution du langage (mots dans le vent) relever de nouveaux défis, pour créer (séduire, faire rire, convaincre, émouvoir) dans une langue étrangère.
Tant par les connaissances linguistiques proprement ditesque par l'imprégnation culturelle et par l'entrée dans le" génie de la langue" , on est loin de "my taylor is rich". Ce degré de connaissance n'est pas illusoire: on ne s'étonne pas assez des performances réalisées en littérature par des écrivains dont le français ou l'anglais n'est pas la langue maternelle.
Ils doivent être passés au filtre des réflexions ci-dessus sur les aspects qualitatifs: qui veut et peut réellement quoi en matière linguistique, et à quel prix?
1°) Le personnel de l'entreprise:
Combien par an?
Disponibilité potentielle: En quel lieu? Quel moment? Eventuellement sous quelles conditions? On estime qu'il faut 600 heures de conversation assistée pour atteindre le nuiveau de la conversation courante, 20.000 heures pour parler comme quelqu'un du pays.
Création de cohortes homogènes: Pour quelle langue? A quels niveaux de départ? Pour quels points d'arrivée?
Pour quels objectifs d'entreprise?
2°) Personnel extérieur à l'entreprise
Partenaires divers, grands clients :objectif secondaire: création de liens de solidarité
Clients de l'organismede formation: objectif secondaire: économies d'échelles et échanges d'expériences
3°) Quels besoins de formations non linguistiques pouvant incorporer des éléments linguistiques? Insertion du programme linguistique à titre de complément dans un programme d'entreprise plus large qui impose une formation, par exemple:
Initiation générale pour nouveaux entrants dans l'entreprise, ou formation générale au commerce international (de tels cours pourraient être faits dans un anglais élémentaire)
Formation informatique ou bureautique
Fusion-acquisition avec entreprise étrangère
Expatriation de cadres français vers l'étranger ou étrangers vers la France
- C- PROCEDURES D'EVALUATION:
Nécessitent une forte implication de la Direction des Ressources Humaines et des syndicats:
1°) Besoins individuels
Tests de niveaux avant, pendant et après un cyclede formation?
Tests d'aptitudes et d'attitudes?
Modalités d'insertion dans le bilan individuel de compétences et le plan de gestion des carrières
2°) Besoins collectifs
Somme des besoins et motivations individuels:
combien de personnes sont d'accord pour une formation impliquant un sérieux effort personnel (ou une transplantation radicale en terre étrangère)
combien acceptent de s'autoformer à distance ?
combien acceptent de faire cela sans contrepartie concrète (prime, plan de carrière)
Répartie en modalités de formation d'intensité variable
De la simple fourniture de matériel linguistique (livres, journaux, cassettes, CDROM …)
au séjour "en immersion" à l'étranger
en passant par des cycles présentiels de 200 heures environ
Confrontée aux budgets disponibles : élaboration d'un"Business Plan de la formation linguistique" |