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Information et Creativité
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"Tantôt je pense, tantôt je suis " Paul Valéry
"Parfois je m'asseois et je pense. Parfois je m'asseois, tout simplement" jean d'Ormesson
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GENERALITES
Le répertoire "CREATION" vous fournit des ressources directement utilisables:
- - un mini-manuel de créativité consultable par simple lecture linéaire,
- - un choix de séquences de créativité (brève, approfondie, aléatoire, appliquée, personnalisée);
- - des questions appropriées à chaque phase de votre travail créatif; elles sont parfois complétées par des listes modifiables de questions annexes ou de chemins de réponses possibles;
- - des stimulants de la créativité: il s'agit de mots, citations ou images déclenchés au hasard dans la séquence aléatoire ou dans certains écrans des autres séquences.
- Les citations recueillies proposent des arguments d’autorité (" Aristote l’a dit "), des points de vues divergents sur un sujet, des moments de détente par l’humour ou le jeu de mots, parfois quelques précisions par l’exemple sur l’emploi des mots dans leur contexte.
- - la récupération de vos propres matériaux intermédiaires de créativité, par exemple les idees brutes issues d'une réaction immédiate devant le thème de recherche, ou les idees plus ou moins élaborées après un processus d'analyse, d'association, de critique ou de transformation.
Tout ceci constitue un matériel créatif considérable, d'autant plus que chacune des idees, des questions, des réponses, peut être déclinée par intensités, destinataires et, de manière plus générale, confrontée à la quasi-totalité des autres points de vue proposés dans le répertoire.
Il y a de quoi conduire plusieurs existences sur l'investigation d'un seul thème: on connaît l'anecdote de ce père de l'Eglise perché sur sa colonne de stylite dans le désert égyptien, qui avait commencé à méditer le "Notre Père..." et n'avait jamais pu venir à bout de ces premiers mots...
Il est évidemment irréalisable d'incorporer dans une simple disquette de 1,4 million de caractères, toutes les réponses possibles à toutes les questions possibles, dans toutes les situations possibles. C'est à dire d'enserrer sur ce petit morceau de plastique la totalité de l'intelligence du monde passé, présent et à venir. Sans oublier que la créativité consiste précisément à inventer de nouvelles réponses: les vôtres. Dieu seul peut détenir la mémoire du monde et en même temps anticiper vos questions.
Une grande partie de l'information pertinente doit donc provenir des sources extérieures, soit d'un savoir déjà enregistré quelque part, soit d'une information spécialement recueillie par enquête.
Pour qui n'a pas l'expérience d'un sujet (ou pour qui est trop immergé dans cette expérience), une bonne documentation évite bien du travail inutile. Une compilation sélective permet de délimiter le domaine de réflexion et de se concentrer sur l'essentiel de la créativité, à savoir les mises en relations entre faits et idees. Lorsque cette documentation n'est pas directement disponible, on peut la constituer avec ou sans aide de l'ordinateur. Il est certainement intéressant de disposer d’un branchement, soit par CD-ROM soit par Internet , sur une information d’encyclopédie ou encore sur des dictionnaires analogiques : il en existe de nombreux et peu coûteux.
Il est recommandé de ne pas s'enfouir immédiatement dans la recherche documentaire qui dilue l'attention et peut consacrer beaucoup de temps à explorer des voies non pertinentes. La prospection trop consciencieuse de l'information déclenche invariablement une anxiété devant l'étendue de ce qu'on ignore ou devant le nombre des experts qui vous ont précédé sur le sujet de votre tentative de création.
Mieux vaut donc s'en tenir à ce qui est nécessaire et ne procéder à cette recherche d'information que dans un deuxième temps, après le "dégorgement" des idees reçues et une réflexion première sur les concepts essentiels. Ou encore confier la recherche à une personne dont les travaux ne seraient qu'ultérieurement incorporés au processus d'élaboration créative.
Pour s'informer, il faut à la fois se concentrer sur son sujet ("focussing") et constituer un bagage de matériaux utiles à la recomposition.
- - Recueillir des faits, données, exemples, cas d'application.
- - Rechercher des règles, des lois, permanences, structures stables, des évolutions ou des points de rupture. Ceci consiste à ordonner les faits bruts en connaissances. On peut même aller jusqu'à ce qu'on appelle "métaconnaissances" (modes de raisonnement sur les connaissances) et des "métastratégies", schémas généraux d'action propres à des individus ou à des groupes..
- - Solliciter des opinions, jugements, conseils, manières de voir et d'approcher les problèmes. C'est là l'important domaine des idees proprement dites, c'est à dire ce dont les gens parlent (thèmes) et ce qu'ils en disent (thèses)
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UTILITE
- L'information se compose de données brutes, organisées dans un contexte qui leur donne un sens en vue de la connaissance ou de l'action.
- La connaissance est une information vérifiée et synthétisée dans un système.
- La création emploie des connaissances pour réaliser quelque chose de nouveau par une action verbale ou physique.
La création s'appuie donc sur un matériau brut, des données, des évaluations, des propositions. Ces unités de sens, remises en perspective, constitueront l'ossature de l'objet nouveau que l'on veut créer. |
L'INFORMATION PRE-ENREGISTREE
La commodité croissante d'accès à l'information améliore considérablement les relations de pouvoirs qui résultaient du monopole des gouvernants et des clercs. Il est désormais possible à tout le monde de se documenter sur la plupart des sujets. Ceci demande moins un savoir encyclopédique qu'un certain savoir-faire technique (consultation de bibliothèques et de banques de données) et surtout la capacité d'ordonner sa curiosité pour la rendre créative.
- A- L'INFORMATION IMPRIMEE
Pour qui veut effectuer une recherche personnelle (choix d'une automobile ou d'un lieu de vacances) ou d'intérêt général (recherche scientifique ou vie politique), l'imprimé reste pour un temps encore la principale source d'information stockée.
Traditionnellement on distingue le livre, de l'encyclopédie au recueil de nouvelles, relativement permanent, et les périodiques,journaux et magazines, relativement éphémères. Les revues et les rapports de toutes natures constituent des catégories intermédiaires.
On peut aussi assimiler à l'imprimé la "littérature grise" des écrits dactylographiés, mémos et rapports à petit nombre d'exemplaires, la correspondance significative etc...Les documents d'archives sont assez souvent organisés autour d'un thème: la Folger Shakespeare Library à Washington ou le Minutier Central des Notaires à Paris, ou encore votre correspondance amoureuse...
Les documents imprimés sont généralement accessibles dans des bibliothèques (et librairies), des archives et dans les services de "communication" des grandes institutions publiques ou privées. Ne pas négliger non plus les entreprises commerciales d'information, du type SVP et les consultants de toutes natures: on respecte davantage l'information lorsqu'on doit la payer au lieu de la recevoir gratuitement.
Les bibliothèques ne sont pas de simples entrepôts de livres mais sont organisées par indexation, catalogues et rangement pour fournir l'information pertinente.
Il faut cependant une certaine expérience et une longue patience pour fréquenter des grandes bibliothèques comportant parfois des millions de volumes, ou des archives, par exemple de brevets, enregistrant des dizaines de millions d'informations dont beaucoup peuvent vous être essentielles.
Il est utile de dégrossir son thème de recherche: feuilleter la bibliographie d'un sujet à partir des listes d'ouvrages imprimés, parcourir la table des matières d'un manuel, lire un article de l' Encyclopedia Britannica ou même un petit ouvrage qui "fait le point des connaissances actuelles". On fera ainsi un rapide inventaire du problème, de son contenu, de ses limites, des questions associées.
Peut-être ne découvrira-t-on pas tout de suite des solutions faciles mais, avec un peu de chance, on vous indiquera les voies possibles, ce qui évitera de refaire tout seul l'itinéraire de l'humanité pensante, expression noble pour ne pas dire "redécouvrir la lune ou réinventer le fil à couper le beurre". Pour innover, il faut dépasser l'acquis, donc le connaître.
- B- L'INFORMATION AUDIO-VISUELLE
L'information ne se présente pas seulement sous forme imprimée: photos, images, vidéos, bandes sonores complètent l'information écrite et, dans beaucoup de cas, la remplacent avantageusement.
Le document sonore ou visuel est parfois plus pertinent que l'écrit (discours politique, témoignage sur le vif, film d'un accident); il touche toujours plus facilement l'émotion et favorise ainsi la créativité dans ses processus inconscients.
Peut-on penser par images? C'est évident pour les artistes plasticiens, peintres, sculpteurs, décorateurs, graphistes...De même pour les ingénieurs et techniciens de toutes natures dont l'imagination construit des châteaux en Espagne et des navires de haute mer avant d'élaborer de savants calculs de matériaux.
C'est probablement vrai aussi pour les créateurs de l'écrit: poètes bien sûr, mais aussi romanciers ou dramaturges semblent "voir" leur oeuvre avant de l'écrire. On dit qu'Einstein aurait découvert sa théorie de la relatvité en visualisant ce que pourrait voir un voyageur circulant sur un rayon lumineux.
Enfin si tout le monde ne pense pas nécessairement avec des images riches en formes et en couleurs, nous nous appuyons sur des "modèles mentaux", des représentations courantes qui peuvent se résumer en schémas. La créativité est donc renforcée par des images (graphiques, cartes, photographies) symboliques du problème évoqué ou des relations entre concepts. On aura donc intérêt à constituer un environnement créatif symbolique du problème étudié : salle des cartes des états-majors, photographies de sites de chantiers...On peut aussi esquisser une sorte de grammaire des signes représentant des relations logiques: flèches, cercles, signal d'arrêt etc...Les signaux les plus courants, par exemple en matière de circulation peuvent fournir les premiers éléments d'une telle grammaire().
- C- L'INFORMATION ELECTRONIQUE
Le texte comme l'image et le son sont aujourd'hui conservés et reproduits sous forme numérique. Il est possible de se constituer soi-même une documentation électronique en "scannérisant" tel ou tel imprimé, en achetant de l'information stockée sous forme de CD-ROM ou de bases de données consultables.
L'informatique actuelle facilite grandement la sélection documentaire grâce aux systèmes de gestion de bases de données les plus courants et à la fonction de "Recherche" de texte qui permet de repérer des chaînes de caractères préenregistrées dans une mémoire.
On peut nourrir cette mémoire, soit à l'aide de données spécifiquement enregistrées pour un projet (chronique d'évènements, listes de partenaires divers...), soit à partir de CD-ROM acquis sur le marché et dont la production croissante va des listes et statistiques de toutes natures aux encyclopédies, dictionnaires analogiques et de citations etc...soit enfin à partir de banques de données consultables en ligne, notamment par les réseaux Internet. Internet fournit aussi une autre source d'information libre, gratuite mais non testée, celle des forums de discussions entre amateurs de sujets divers.
La capacité de comprimer l'information et de l'expédier par lots pendant les heures creuses diminue considérablement le coût de toute recherche par rapport aux travaux effectués directement dans des bibliothèques publiques surchargées.
IL est possible sur abonnement de formuler des questions à des serveurs spécialisés qui s'engagent à alimenter en permanence le dossier documentaire.
La recherche documentaire totalement automatisée à partir des banques de données n'est pas encore au point, sauf pour les documentations fermées sur elles-mêmes comme dans les entreprises. Pour les recherches ouvertes sur des ressources extérieures, il faut pratiquer des techniques de sélection de serveurs, de fichiers ou des données par mots-clés: par exemple, tout ce qui concerne les médicaments anti-dépresseurs, ou le Prozac, ou le Prozac appliqué au quatrième âge, ou même le Prozac utilisé par le quatrième âge aux Etats-Unis (mots-clés et sélection par et/ou).
Une première compilation quasi-automatique, enregistrée dans un même fichier, fournira une infobase de départ que l'on affinera ensuite à mesure de l'effort de créativité. |
L'INFORMATION DEMANDEE, collectee, constituee
L'information n'est certes pas toujours imprimée, surtout quand il s'agit de situations particulières. il faut alors recueillir les faits par des indices matériels et des témoignages oraux. Il faut aussi inventorier des opinions, par des sondages ou des enquêtes en profondeur.
Une grande partie des faits utiles se trouve déjà enregistrée dans l'information imprimée ou électronique. Mais il sera souvent nécessaire de la compléter par une enquête directe ou une observation continue portant sur:
- - des faits, des évènements
- - des données chiffrées
- - des tendances, des ruptures
- - des opinions, attitudes et comportements (voir ci-après)
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QUESTIONNER
Savoir questionner est un art essentiel pour la créativité (qui est une remise en question). Dans la vie courante, la question ne vise pas toujours à obtenir une réponse mais bien souvent toute autre chose.
- a) La fausse question où le questionneur veut exprimer quelque chose:
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- - son propre savoir: c'est une question pédante dont la réponse est déjà connue du questionneur (Q:"De quoi sont les pieds du fantassin?; R:"Ils sont l'objet de soins attentifs").
- - son pouvoir officiel de poser des questions à autrui: le questionnaire de police, la question du journaliste;
- - une faiblesse ou un appel: "Maman, tu as vu le rayon des chocolats?"
- - les questions affirmatives: les questions du type "Ne croyez-vous pas que..."
- b) La fausse question qui suscite:
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- - question sécurisante marquant un intérêt ou une sympathie envers le questionné et non une recherche d'information (Comment allez-vous? Puis-je vous aider ?);
- - mise sur la voie: "n'avez-vous jamais pensé à contracter une assurance?"
- - mise en action impliquant le partenaire: "comment allons-nous procéder?"
- - mise en obligation supposant un accord établi "quand dois-je vous livrer l'automobile que vous pensez m'acheter?"
- c) la bonne question pour s'informer est évidemment la seule pertinente dans une première phase d'analyse créative:
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- - question sur les faits connus du questionné ("quel âge avez-vous?")
- - question sur des opinions :confession, interview;
- - question sur la connaissance des faits : l'examinateur, qui connaît les faits, veut déterminer le degré de connaissance de l'examiné.
- d) Les questions insatisfaisantes:
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- Les questions ambigües n'appellent pas de réponses, sinon des réponses ambigües.
- Les questions ambivalentes amènent souvent des réponses "normandes" (d'un côté oui, mais de l'autre non").
- Les questions qu’on abandonne avant une réponse satisfaisante, les questions qui traduisent l'ignorance ou la fragilité du questionneur dégradent évidemment la qualité de l'enquête.
- e) Les mauvaises questions pour le questionné: Ce sont par exemple les questions personnelles mettant en doute l'honneur ou la compétence, la question "pourquoi?" qui appelle à se justifier sur les causes ou "pour quoi?" qui interpelle sur les intentions.
Il existe diverses tactiques pour éviter d’être déstabilisé par des questions :
- -ne pas répondre, en ignorant la question, en invoquant la clause de conscience, le secret professionnel, voire le secret d'Etat (" no comment ");
- - renvoyer la question au questionneur, poser des questions sur la question, demander au questionneur sa propre réponse... (" Pourquoi répondez-vous toujours par des questions ? Et pourquoi pas ? ")
- - soulever une toute autre question présentée comme plus importante ou urgente;
- - répondre à côté ou partiellement, répondre sur un sujet différent;
- - répondre évasivement (ex:"cela dépend");
- mentir (pas moral, mais utile devant un inquisiteur passionné et puissant) ;
- - filer à l’anglaise ou prendre un " French leave "...
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B- CONSULTER
- 1°)Consulter les autres, concernés ou non par votre sujet:
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- -les alliés, les assistants, les avocats, les amis, et ce vieux sage de vos amis toujours disposé à jouer le fou du Roi;
- - les adversaires, ennemis, concurrents, accusateurs qui pensent le contraire de vous;
- - les juges de toutes natures qui ne pensent pas particulièrement à vous ni comme vous ni contre vous et qu'il s'agit de convaincre : arbitres, clients, supérieurs hiérarchiques...
- - les neutres : témoins, observateurs, leaders d'opinion, grand public...
- 2°) Comment consulter?
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- - la consultation d'experts:
Il existe plusieurs catégories d'experts: les experts maison, les experts patentés, les experts généralistes, les experts très spécialisés qui savent de plus en plus de choses dans un domaine de plus en plus restreint et qui finissent par tout savoir sur rien.
Chaque expert produit plusieurs opinions, la sienne, celle qu'il affiche pour épater la galerie, et notamment les autres experts, celle qu'il vous offre pour vous faire plaisir et renouveler ainsi son contrat, celle enfin que vous lui prêtez après avoir déchiffré son jargon. Les opinions réelles de l'expert sont moins accessibles.
- - la consultation de non-experts:
Il est toujours rafraîchissant d'écouter les conseils du "monsieur qui sait tout" ou de celui qui a "son franc-parler". Le point de vue d'une personne non avertie peut refléter un bon sens simplificateur ou bien ces lieux communs qui constituent l'environnement contraignant de toute tentative d'innovation. Chercher à comprendre puis réfuter le point de vue aberrant d'un stratège de bistro oblige à un effort de clarification, voire à une remise en question salutaire. Le fou du Roi est indispensable au Roi et beaucoup de politiciens pressés, entourés de courtisans, ne connaissent guère d'autres sources de contacts avec l'opinion populaire.
- - la méthode synectique de William Gordon consiste à interroger un groupe d'individus qui ne sont pas experts du problème mais spécialement entraînés à la créativité.
- - le "brain-storming" proposé en 1938 par Alex Osborn invite quelques individus à produire ensemble un grand nombre d'idees sur un sujet donné, sans formuler de critique sur ces idees ni sur leurs auteurs. D'autres chercheurs analysent ensuite puis exploitent ces idees spontanées. Cette méthode, qui vise la quantité, convient aux domaines de créativité superficielle (jeux de mots, publicité) où il n'est pas nécessaire d'analyser le fond des problèmes.
- - la célèbre méthode Delphi, mise en oeuvre dans la grande période de la Rand Corporation, consiste à mener des consultations par correspondance, pour éviter les effets de la persuasion par un leader ou la pression d'une majorité vers le compromis. Une seconde consultation invite les experts à expliciter leur différence par rapport aux autres. Le but est d'arriver à une liste de propositions ayant entraîné un accord raisonnable. Delphi est donc une méthode de préparation des décisions plus encore qu'un bombardement de points de vue analytiques.
Le traitement quantitatif des opinions présente les avantages et inconvénients classiques de toute consultation:
- l'enquête exprime la diversité souhaitable des représentations, évaluations, solutions proposées;
- toute réponse à une question implique un certain degré d'engagement dans le processus de solution;
- quelle est l'adéquation entre la réponse obtenue et la question posée: portent-elles vraiment sur le même objet? chacun fournit-il réellement une réponse authentique, sincère, profondément mûrie, ou bien une réponse conventionnelle, arbitraire?
- 3°) Se consulter soi-même en mobilisant souvenirs, opinions, critères, jugements de valeurs. On peut tirer de soi beaucoup plus qu'on ne pense, à condition de savoir se dégager de l'immédiat des réactions émotives et de l'urgence des opérations. Pour cela Gandhi s'obligeait à garder le silence une journée entière par semaine. Dans bien des domaines, il n'existe de véritable création que par le penseur solitaire : notamment dans les beaux-arts de toute nature , de la peinture à l'assassinat en passant par la politique.
D'innombrables exemples du monde scientifique montrent que la recherche d'information conduit fréquemment à des découvertes autres et plus riches que l'objet de la quête initiale. C'est une créativité par analyse approfondie aussi bien que par association de domaines voisins.
La difficulté consiste à centrer sa curiosité sur un projet afin d'éviter la dispersion passionnante mais stérile du dilettante. |
STOCKER L'INFORMATION
La production rapide d'idees, notamment en travail de groupe ou même par stimulation individuelle (associations libres transcrites en "cartes mentales") est l'équivalent de la documentation semi-automatisée.
Ces deux procédés de créativité accélérée fournissent un stock de matériaux de certitude et de rentabilité inégales.
Pour chaque projet de recherche, il est recommandé de constituer, sur disquette ou sur un répertoire de disque, une infobase (PROJET n°1, 2 etc...) composée d'informations enregistrées à partir d'ouvrages imprimés et de consultations. Pour les gros projets, l'enregistrement sur CD-ROM est possible mais coûteux. Reste évidemment l'enregistrement sur disque dur de haute capacité ou sur divers dispositifs de sauvegarde: un rapport de 100 pages mobilise environ 300.000 octets, mais les sons et les images sont beaucoup plus gourmands en mémoire.
A ce stade, comme par exemple dans une séance de brainstorming, il serait prématuré de formuler des jugements critiques qui bloquent la reformulation des problèmes.
L'accumulation de données et idees sur des thèmes associés fournit un "corpus"comme par exemple l'Ancien Testament ou la jurisprudence de la Cour de Cassation. C'est une compilation de documents assez pertinente quant au sujet mais qu'il est difficile d'interpréter sans mise en ordre.
Il faut ordonner ces matériaux avant de faire intervenir des processus proprement créatifs. On peut utilement distinguer données et jugements ou classer par domaines de problèmes.
Il s'y ajoutera, au fil du travail d'élaboration, vos réponses aux questions pertinentes, vos réactions aux analogies suggérées, les perspectives résultant du travail de critique et transformation des idees, les divers essais de synthèses.
Par souci de clarté, le travail d'édition finale d'un rapport pour convaincre, devront faire l'objet d'un fichier distinct, mais alimenté par des éléments choisis dans l'infobase.
" Une base de données relationnelles est un excellent cadre pour des données très structurées, mais elle est insuffisante pour le traitement d’informations contenues dans des textes, lesquels représentent la grande majorité des documents reçus dans une entreprise ". C’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’idees : elles ne sont pas nécessairement exprimées sous une forme écrite mais doivent être dégagées de la mémoire individuelle ou collective . Lorsqu’elles sont écrites quelque part, c’est le plus souvent dans une gangue d’informations qui obscurcissent les relations entre les acteurs et les éléments impliqués. Et enfin, implicites ou explicites, les idees, du moins celles qui concernent la créativité sont précisément à construire et rarement à récupérer au fond d’un réservoir.
- Pour le stockage des informations textuelles, non structurées, préférer les infobases.
- Pour le repérage simple des concepts essentiels, la recherche des expressions significatives à partir d’une banque de mots-clés .
- Pour le repérage des idees (relations entre éléments, concepts, acteurs...) : des schémas logiques, des graphes de raisonnement..
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EVALUATION
LE SAVOIR: NATURE ET RÔLE DANS LA CREATIVITE
La créativité ne se limite pas à la combinaison et à l'expansion de concepts. Ni à la métaphore, l'analogie, la construction de modèles mentaux ou toute autre processus particulier.C'est une combinaison de tout cela pour élargir les frontières du savoir et de la conceptualisattion dens un domaine donné.
Le savoir existant : Une grande partie de la créativité de résulte pas de la nouveauté mais de la possibilité de récupérer un savoir antérieur utile.
Les constructions nouvelles sont contraintes par le savoir existant..
Il y a des contraintes dans les combinaisons, ne serait-ce que le nom du concept
l'histoire des combinaisons influence l'interprétation de nouvelles combinaisons
Caractère incrémental de la créativité, graduellement construite sur des savoirs anciens
Forces de structuration
Les contraintes de communication, les propriétés caractéritiques, l'appartenance ontologique, la participation dans des relations multiples sont importantes.
Le caractère particulier d'une représentation , son incorporation dans une être vivant ou une entité spécifique sont également importants. Notion de connissance incorpôrée ..
Emergence et changement:
La rupture avec le passé est aussi indispensable. Mais il est indispensable de pouvoir décrire le changement par rapport au passé. Des propriétés émergent des combinaisons conceptuelles alors qu'elles ne faisaient pas partie des composants. Surtout quand les composents sont moins similaires, moins faciles à fusionner dans un lien relationnel, moins cohérentes, ou plus nouvelles.
De meêm les nouveaux concepts émergents d'une métaphore ne sont pas simplement une conjoction de propriétés du sujet et du véhicule
En outre , mêmequand les combinaisons et métaphores implqient une connexion de composants d'un concept à l'autre, ce n'est pas une connexion simple mais construite et en évolution permanente.
Importance de l'effort
Production et comprehension de nouvelles idees
Inertie conceptuelle
La structuration de nouvelles idees par le savoir ancien peut être caractérisée comme une inertie conceptuelle (comme l'inertie des lois physiques). Les objets résistent au changement, un objet en mouvement tend à poursuivre son mouvement. La plupart des changements conceptuels sont donc long et progessifs
Plus le savoir antérieur est structuré, plus il exige de force créative pour le modifier.
Le savoir exoistant n'est ni bon ni mauvais en soi: tout dépend des objectifs du créateur et de la situatioin. Il est nécessaire de comprendre la nature du savoir existant et de ses applications dans la situation existante |
PRESENTATION |
PERSPECTIVES |
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